Mexique

Palenque

Nous quittons San Christobal le 7 février pour nous rendre à Palenque, ville du Chiapas située au nord de la province. La route est vraiment très tortueuse mais les paysages magnifiques. Champs de maïs, bananiers et végétation tropicale.

Dans les villages, les églises sont de simples maisons dont la façade est un peu plus colorée que les autres et qui possèdent une croix. Sur la route nous sommes de temps en temps arrêtés par des contrôles militaires. Nous sommes toujours dans la province du Chiapas. Nous avons d'ailleurs constaté depuis quelques jours, une présence plus importante des forces de police y compris dans la ville de San Christobal.

La ville de Palenque est une ville dortoir pour les touristes qui viennent visiter le site, ce qui est notre cas aussi. L'aménagement en est simple : un resto, une boutique de souvenirs, un resto, une boutique de souvenirs…

De temps en temps, une agence de voyage qui propose un tour vers deux sites mayas un peu éloignés et vers lesquels il n'existe pas de transport en commun. Nous faisons donc quelques agences pour nous rendre compte que les prix et les prestations sont parfaitement identiques partout. Nous en choisissons une dont le seul intérêt est qu'elle propose un départ pour le lendemain matin.

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Le soir nous dînons dans un restaurant, qui comme les autres sûrement, propose du "Ketsup" en lieu et place de la sauce pimentée des restos de villes moins touristiques. L'estomac des "américains" est tellement fragile !

La nuit, il tombe une pluie torrentielle qui se calme un peu avant notre réveil théorique à 5 heures du matin. La route vers Yaxchilan, le premier site est ponctuée par deux contrôles militaires et surtout par suite de la pluie nocturne, nous avons la chance de voir la brume accrochée aux vallons se lever petit à petit. Le paysage est très chinois ! Nous voyons également un grand nombre d'écoles. Le travail de l'EZLN porterait-il ses fruits ?

Yaxchilan

Arrivés à proximité de Yaxchilan nous devons prendre une lancha (bateau à fond plat) et longer le Guatemala de l'autre côté du fleuve. Après une petite heure de navigation, nous prenons pied sur le site lui-même. Le site sur le flanc d'une colline, est sur plusieurs niveaux, au milieu d'arbres immenses aux racines saillantes.

Les ruines sont moins impressionnantes que sur d'autres sites, beaucoup d'édifices sont très endommagés, certains sont mieux conservés, mais c'est l'environnement qui constitue le point majeur de l'endroit. Les ruines sont en pleine forêt tropicale, donnant une atmosphère extraordinaire à l'ensemble. Pour compléter le tableau, les arbres sont envahis par des singes hurleurs qui font un bruit incroyable.

Dans un premier temps on croit entendre des fauves, ce qui n'est pas tellement rassurant. Puis peu à peu, en observant les arbres, on distingue les singes qui passent de branches en branches. Et c'est en les observant à la jumelle que l'on se rend compte que ces animaux aussi petits (à peine 80 cm de haut) sont capables de produire un son aussi puissant. Nous passons une bonne partie de notre temps à les observer.

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Autre sujet d'observation : une procession de fourmis portant des morceaux de feuilles. Les morceaux en question, qu'elles tiennent dans leurs mandibules, font trois fois leur taille. Mais ce qui est le plus fascinant réside dans le travail incroyable qu'elles produisent pour se procurer ces feuilles.

Nous les avons pistées depuis l'arbre dans lequel elles vont chercher les feuilles jusqu'au début d'une zone trop touffue pour que nous puissions y entrer. Elles sont des milliers à transporter ces morceaux qui doivent avoir une vertu telle qu'elles se sentent obligées de faire tout cela pour les avoir...

Nous quittons les ruines mayas que nous avions un peu laissé tomber au profit des animaux, pour reprendre la lancha et revenir à notre bus. Celui-ci nous amène en territoire lacandon, une tribu indienne en tuniques blanches, surtout pour amuser les touristes. Arrivés dans la réserve elle-même, nous changeons de véhicule pour prendre un minibus conduit par un indien lacandon. Respect.

Bonampak

Les fresques de Bonampak, le deuxième site, sont connues mondialement, mais décevantes, car peu lisibles. De nouveau, le site se distingue par la qualité de son emplacement qui met admirablement en valeur le gigantesque escalier qui monte en haut de la pyramide et semble se perdre dans les arbres.

De nouveau aussi, nous sommes attirés par un groupe de singes hurleurs dont nous suivons les évolutions dans les arbres. La végétation est magnifique. Nous en oublions encore les ruines !

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Mais il nous faut laisser nos singes et retrouver Palenque, après trois heures de route. Le lendemain, nous attaquerons le site de Palenque lui-même.

C'est ici qu'au milieu des années 50 ont été découverts les restes du roi maya Pakal. Cette découverte laissant à penser que les pyramides mexicaines pouvaient servir à autre chose qu'à faire transpirer les touristes qui montent dessus ou à provoquer leur chute au moment où ils en redescendent les escaliers si étroits...

Quoi qu'il en soit, "le temple des inscriptions" où fut trouvé le sarcophage est toujours fermé pour cause de fouilles, 54 ans après la découverte !

Heureusement, Palenque offre bien d'autres motifs d'escalades et des points de vues superbes avec la forêt comme toile de fond... De nombreux bas-reliefs assez bien conservés agrémentent les nombreuses pyramides ou monuments en très bon état de conservation. Tout cela admirablement mis en valeur par une forêt grandiose. Seules la chaleur et l'humidité viennent mettre un petit bémol.

Le soir nous demandons au serveur du restaurant où nous dînons une salcita, espérant avoir une sauce pimentée que nous aurions mangé sur du pain en guise d'apéritif. Nous avions oublié que les américains ne supportent pas les épices et nous avons droit à une sorte de sauce bourguignonne.

Par contre, le serveur voyant que j'avais fini ma bière (une corona, il n'y a que cela ici) m'en apporte une autre d'office. Comme elle est décapsulée, il tente de me l'imposer. Devant le peu de chose à voir dans la ville elle-même et la pénible impression d'être pris pour des cons, nous décidons de quitter la ville le lendemain et de prendre la route de Campeche.

Campeche

Au cours du voyage vers Campeche, nous verrons petit à petit le paysage changer. Des vallons accentués du Chiapas, nous passerons vers un paysage qui se rapproche de la Dordogne, avec des champs remplis de vaches. Les bananiers et les palmiers faisant place à des arbres plus classiques.

Seul différence, il est rare qu'en Dordogne les paysans regroupent leurs troupeaux montés sur des chevaux. Puis au fur et à mesure de notre entrée dans le Yucatan, le paysage devient de plus en plus plat, la végétation plus du tout tropicale et l'eau de plus en plus absente.

Campeche est une cité coloniale, la seule à être fortifiée afin de résister aux pirates écumant le golf du Mexique. Nous sommes dans l'état du Yucatan, prés de la mer. Un autre Mexique s'offre à nous. La ville est inscrite au patrimoine mondial de l'humanité et elle est restaurée de manière à plaire et à attirer les touristes qui fréquentent la péninsule.

Les maisons, qui sont architecturalement pauvres, sont systématiquement colorées. L'ensemble est agréable, mais sans âme. On apprendra un peu plus tard que les maisons sont colorées par arrêté municipal et que deux maisons qui se suivent ne doivent pas être de la même couleur. La place du Zocalo, très jolie est bizarrement déserte le soir.

Quelques belles demeures subsistent et rendent la ville agréable, bien que surfaite. Nous la parcourons avec Catherine, Mathieu et leurs deux enfants, des français avec qui nous passerons une très agréable journée.

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Il n'y a néanmoins pas grand-chose à découvrir ici, aussi n'y resterons nous pas trop longtemps.

Le 13 nous reprenons le bus, pour Merida cette fois. Cette ville est sans intérêt majeur, ni mineur. Les églises sont sans charme et le trafic automobile incessant et bruyant. On y rencontre beaucoup de français en vacances scolaires, mais on ne s'adresse à nous qu'en anglais. La ville est très touristique, non pas pour elle-même, mais uniquement comme base de départ pour visiter le site maya d'Uxmal. Le rêve !

Le soir, un orchestre, sur la place, invite à danser. Seuls des mexicains, filmés par les touristes, se prêtent au jeu, mais sans entrain. Les danseurs exécutent machinalement et sans joie les pas nécessaires. Malgré la musique entraînante il se dégage une grande tristesse de la scène.

Uxmal

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Le site d'Uxmal que nous visitons le lendemain est plutôt joli. Il est fréquenté par de nombreux iguanes que nous retrouvons avec plaisir si longtemps après ceux des îles Galapagos. Les monuments sont très bien restaurés et nous offrent une pyramide, celle du "devin" dont les côtés sont arrondis, ce qui est assez original ainsi que le "quadrilatère des nonnes", une place impressionnante entourée de murs dont les sculptures sont magnifiques.

Troisième point notable, le "palais du gouverneur" est un édifice également orné de très fines sculptures qui domine le site et nous en donne une vue d'ensemble exceptionnelle. Le site est assez petit, mais de proportion très agréable.

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A la sortie, un restaurant propose des menus en anglais, français, allemand et espagnol, avec des plats peu locaux, mais sans que les prix ne soient indiqués nulle part. Il est seulement indiqué que la propina (le pourboire) était en supplément.

Il est clair que nous n'allons pas rester à Merida, nous nous réembarquons dans un bus le 15 pour sortir de la boucle touristique traditionnelle du Yucatan et nous poser quelques jours à Izamal.

Izamal

Les deux centres intérêts majeurs de la toute petite ville sont le couvent San Antonio de Padua et une pyramide. La ville est jaune d'or comme l'église, le couvent et son mur d'enceinte. Devant le couvent, un espace de 500*400 mètres, ancien temple maya rasé pour faire place au couvent.

Procédure classique des envahisseurs espagnols. L'accès à l'esplanade, bordée d'arcades, se fait par des rampes. Le couvent est au-dessus de la ville. L'église au centre est très simple, son clocher est incorporé dans le mur de façade.

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Nous nous réservons pour la visite du plus grand ensemble conventuel du Mexique, qui est magnifique et cherchons un hôtel calme. Il n'y a pas un choix énorme et atterrissons en calèche, taxi local, au Macanche, assez loin du centre ville. Cet hôtel possède d'adorables petits bungalows sans un jardin tropical.

Chacun est décoré de manière différente et toujours avec beaucoup de goût. Le notre, l'oriental, est décoré à la chinoise. Nous sommes ravis. D'autant plus que le jardin est un repère de chats qui viennent volontiers passer leur temps sur nos genoux. Cerise sur le gâteau, le propriétaire a installé un réseau Wi-Fi, que nous captons depuis notre bungalow sur le HP 4150. Nos mails nous arrivent directement dans la chambre et gratuitement !

Il n'en faut pas plus pour rester 5 nuits dans ce paradis.

Nous en visiterons tout de même le couvent dont l'église immense et assisterons à un son et lumière délirant sur l'esplanade. La mise en scène des moines autour du son et lumière, incluant le passage de trois des leurs, encagoulés dans la pénombre et un arrosage des spectateurs à coup d'encensoirs, produisant une odeur d'encens propre à convertir un damné.

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Chichen itza

Nous repartirons le 20 février pour Valladolid. Le bus met un temps fou pour parcourir la distance entre les deux villes car il fait un grand détour par le nord de la péninsule afin de couvrir tous les petits villages. Beaucoup de maisons en pleine campagne sont faites de rondins assemblés et recouvertes de toits en feuilles de palmiers. Les angles sont arrondis et non pas droits.

Valladolid comme Mérida n'ont d'autre but que de servir de base de départ pour un site, en l'occurence Chichen Itza, LE site touristique du Yucatan, site maya extrêmement important mais dont la proximité de Cancun en fait l'alibi culturel incontournable de la région. D'où des déversements massifs de viande à bronzer.

Dés l'entrée, très chère, le ton est donné : un gardien veut nous obliger à mettre un bracelet autour du poignet pour montrer que l'entrée a bien été payée. Cela ne gène personne, car à bien les observer, les groupes de français, d'italiens ou d'allemands qui font la queue ont déjà un bracelet en plastique de leur hôtel, un autre qui indique qu'ils ont le droit de reprendre deux fois du dessert et un troisième qui leur donne le droit de fréquenter le bar toute la journée…

Ils ont autour du cou le badge du tour operator qui les a amené là et sur la poitrine le numéro de leur bus. La plupart portent le tee shirt qui indique le lieu de leurs précédentes vacances.

La pyramide principale "El Castillo" est magnifique. C'est l'image symbole du Mexique s'il en est. Haute de 24 mètres, elle renferme en son sein une pyramide plus ancienne contenant un jaguar rouge incrusté de Jade. Du moins, c'est ce qu'indiquent les guides papier, car, comme c'est souvent le cas, l'accès est fermé pour travaux. Le prix de l'entrée au site, très élevé, n'en est pas diminué pour autant.

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Autre point notable, un groupe de plusieurs centaines colonnes sculptées et alignées comme à la parade. Plus loin, le traditionnel terrain de jeu de balle, immense (166 * 60 mètres) jeu maya violent, qui se termine par la mort du capitaine de l'équipe perdante et dont la signification varie en fonction du guide qui le décrit. Il est pourtant évident que c'est un terrain de Quidditch !

La visite est largement gâchée par la présence de ces centaines de groupes dont les casquettes Ricard gâchent le paysage et surtout par les revendeurs de souvenirs à un dollar qui décorent toutes les allées. On est dans un supermarché, pas dans un site maya.

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Le plus affligeant est d'entendre ces beaufs marchander toutes ces conneries et finir par les payer en dollars. Etant dans des hôtels en formule tout compris, ils n'auront jamais vu un billet de banque mexicain. Et toutes ces merveilleuses pyramides sculptées sur bois, ces jaguars en faux onyx et ces assiettes aux motifs vulgaires vont finir sur le téléviseur de la mère à titi… Vivement la généralisation des écrans plats, au moins on ne peut rien poser dessus.

Tulum

Le 22, nous fuyons Valladolid pour Tulum, autre haut lieu du tourisme de masse. Nous sommes à proximité de Cancun, zone dortoir et de bronzage.

Unique intérêt, le site est en bord de mer et nous avons l'espoir un peu idiot, de trouver un hôtel tranquille pour nous y poser quelques jours. Le bus nous dépose dans Tulum, ville qui n'existe pas. Nous prenons aussitôt un taxi pour nous rendre vers le site archéologique et de là chercher un hôtel en bord de mer.

Le site est au bout de la zone des hôtels et l'on ne peut s'y rendre qu'en taxis qui fixent les prix qu'ils veulent. Très rapidement, nous nous rendons compte que c'est chose impossible de se loger. Nous renonçons à l'hôtel et, avec nos sacs sur le dos, nous nous dirigeons vers le site.

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Encore une fois, il s'agit d'un parc à beaufs dans lequel il n'est possible que de suivre le petit chemin de sable qui serpente au milieu des zones herbeuses. Par ci par là, des pierres vaguement entassées sont censées avoir une signification. La fameuse photo du temple au bord des eaux vertes de la Caraïbe est faite à partir d'un bateau.

Lorsqu'on arrive de la terre, cette vision ne nous apparaît pas. Aucun intérêt. Le pire est qu'au pied du temple se trouve une plage minuscule vers laquelle les visiteurs se précipitent pour se baigner. Il faut voir la tronche du site maya recouvert de baigneurs en maillot de bain avec serviette autour du cou. Terrifiant.

Nous retrouvons un taxi à la sortie et reprenons le premier bus vers Cancun, grande ville à partir de laquelle nous pourrons quitter cet endroit qui n'est vraiment plus le Mexique.

Cancun est un mot maya ancien signifiant "open bar", d'où la présence chaque année de plus de 3 millions de touristes dont une majorité d'américains. C'est dire l'intérêt de ce coin de paradis en béton où néanmoins se rencontrent parfois quelques vrais mexicains.

Il est dommage que la péninsule du Yucatan soit devenue cette usine à tourisme peu classieuse. Elle a été, au milieu du 19ème siècle, le berceau de la "guerre des castes" au cours de laquelle les mayas se révoltèrent contre leurs oppresseurs espagnols. La page d'histoire la plus noble se trouve aujourd'hui cachée par les publicités pour de la crème à bronzer.

Cancun garde tout de même deux points majeurs : la centrale de bus pour y arriver et l'aéroport international pour s'en échapper.

Nous décidons de nous rendre à Cuba toute proche.