Mexique

San Christobal de las Casas

Dans la soirée du 28 janvier, nous prenons le bus pour San Christobal de las Casas. Le trajet étant de douze heures, nous passerons la nuit à bord. Nous n'avons pas le choix, il n'y a pas de liaison de jour. Le paysage, très certainement magnifique nous est donc caché jusqu'au petit matin où nous pouvons voir les montagnes et les vallées du Chiapas qui se découvrent peu à peu à mesure que la brume se lève.

Le paysage est très vallonné et très vert. Beaucoup de champs de maïs cultivés à flanc de coteaux et de bananiers qui semblent pousser un peu au hasard. Le fond des vallons est encore noyé dans la brume et les images sont sublimes. Quelques villages isolés sont posés sur les crêtes, les maisons, sommaires sont parfois en briques, mais le plus souvent en bois. Bizarrement, les chemins d'accès sont bétonnés.

Le paysage fait penser aux cirques de la réunion. Les montagnes, non érodées, semblent récentes. La route qui mène au col est spectaculaire. Par ses virages d'abord, mais aussi par les conditions de lumière : lever du soleil pour monter et descente dans la brume qui recouvre encore San Christobal.

Nous y arrivons fatigués et émerveillés. Le taxi que nous trouvons nous conduit à l'hôtel que nous avions choisi sur le Lonely Planet. Manque de chance, il est plein et le taxi est déjà reparti. Nous parcourons donc une partie de la ville, nos sacs sur le dos à la recherche d'une alternative.

Les rues sont désertes à cette heure et la ville nous semble plutôt jolie. Notre hôtel trouvé, nous prenons un petit déjeuner fort bienvenu et attaquons la visite de cette ville, bastion historique du sous-commandant Marcos et de son armée Zapatiste.

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La région du Chiapas, la plus pauvre du Mexique est peuplée à 30% par une population indienne d'origine maya, ceux là mêmes que les colonisateurs espagnols appelaient déjà les "indigènes ". Depuis toujours cette population a été "oubliée " par les dirigeants du Mexique, mais exploitée par les colonisateurs.

La révolution mexicaine est passée à côté d'eux sans les toucher, les laissant comme individus de seconde zone. La révolte a éclaté le 1er janvier 1994, jour où le Mexique entre dans l'Alena, le marché commun USA, Canada, Mexique.

L'EZNL (Ejercito Zapatista de Liberacion Nacional ou Armée de libération Nationale Zapatiste), qui réunit des étudiants, des paysans et des indiens, prend la ville de San Christobal avec à sa tête, le subcommandante Marcos qui deviendra un symbole de l'alter mondialisme. L'action se soldera par plusieurs dizaines de morts dans les rangs de l'EZLN dans un premier temps et par une reconnaissance de ses revendications par la suite.

Le choix de la ville n'est pas anodin, Fray Bartolomé de Las Casas, colonisateur, puis prêtre devenu évêque de la ville de San Christobal en 1546, fut un des premiers défenseurs des indiens. Pour cette raison, son nom est resté accolé à celui de la ville.

L'attitude de l'EZLN, armée plus pacifiste que son nom ne l'indique saura communiquer avec le monde et se faire reconnaître et apprécier par le peuple mexicain, puis par le monde entier où le nom du sous-commandant Marcos deviendra un symbole.

Aujourd'hui néanmoins, le gouvernement du Mexique laisse la situation pourrir et compte sur la très forte présence militaire de son armée dans la région du Chiapas pour maintenir l'EZNL à distance. La présence de l'organisation révolutionnaire n'est plus palpable à San Christobal, mis à part un stand à proximité de la cathédrale.

(Pour information, sur le site http://www.ezln.org/documentos/, se trouvent des communiqués émis par l'EZLN).

San Christobal, symbole des luttes des mayas contre l'envahisseur espagnol et des neozapatistes, inventeurs de "l'alter mondialisme" attire beaucoup d'étrangers, mais demeure néanmoins une très jolie ville coloniale à forte présence indienne.

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Notre première visite est pour l'église de la Caritad, proche d'un petit marché artisanal, dans laquelle, dimanche oblige, se tient la messe, un peu particulière, nous nous en rendons compte en entrant. La grande majorité des participants sont des indiens. Les hommes sont sur la droite, les femmes sur la gauche. Elles portent toutes un châle de couleur qui transforme ce côté de l'église en un gigantesque arc en ciel. Les enfants, qui se promènent un peu partout sont magnifiques.

L'église est entièrement blanche, avec des fleurs disposées à mi-hauteur sur les murs. Le plafond est en bois. Le curé chante un truc interminable devant une foule recueillie et silencieuse, ensuite, une femme vient prendre la parole en langue maya, tout comme cet homme en anorak qui lit un texte également en maya ponctué ça et là de mots religieux en espagnol. Le curé catholique intervient en espagnol. Le sens nous échappe totalement, mais l'image est superbe !

Dans une autre église, un peu à l'écart, se tient une cérémonie qui n'a pas grand-chose à voir avec le catholicisme : Des familles viennent pour un rite qui semble ne concerner que l'un de ses membres. Celui-ci est assis à côté d'un "prêtre " qui psalmodie des incantations.

Par terre, devant l'autel, des bougies et des plantes. A la fin de la cérémonie, le prêtre donne de petits coups sur la tête du fidèle et lui frotte la tête et les épaules avec des plantes. (Même chose que ce que l'on avait vu dans l'église prés d'Oaxaca). Tout ce termine par des signes de croix des plus conventionnels. Tout cela dans une église mais en dehors de la présence du moindre curé…

Les incantations ont le rythme et la fluidité de celles des moines bouddhistes du Tibet. Encore une fois ce rapprochement entre les indiens d'Amérique latine et les gens du Tibet. Les femmes indiennes sont souvent belles et aussi fières que leurs consœurs himalayennes.

Elles sont nombreuses au mercado municipal à proposer leurs produits. Leurs fruits, maïs, piments, fleurs ou légumes secs cohabitent avec les vendeurs de tacos installés au milieu des coiffeurs et des vendeurs de CD piratés. Il y a des centaines de photos à prendre dans un endroit où la plupart des gens refusent d'être pris et pour certains ne veulent même pas que des photos de leurs étals soient faites !

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La rigueur de cette attitude est d'autant plus surprenante que quelques centaines de mètres plus loin, ce sont aussi des indiennes qui demandent de l'argent pour être prises en photo. Dans les deux cas, la pollution due au tourisme modifie les comportements.

Même si son intérieur n'est pas aussi intéressant, l'extérieur de la cathédrale ocre et rouge est superbe. La place devant elle est le point de ralliement des touristes qui y terminent leurs journées. C'est le moment propice à l'arrivée des mendiants ou des vendeurs de divers souvenirs. Les gamins bien dressés proposent des babioles dans la langue du touriste, ou en répétant jusqu'à épuisement (du client) les deux mots censés déclencher la vente "Compra lo " (achète-le …).

Au bout de cette phrase magique, vient la demande d'argent pure et simple. Des personnes, qui ont les enfants en charge surveillent leur travail et en récoltent les fruits.

On y rencontre aussi, ville symbole de l'engagement, des pétitionnaires de toutes sortes qui échangent un discours contre une signature et surtout de l'argent. Bref, un travail sur le tourisme des plus classiques !

Le tourisme qui réagit là on lui dit, en distribuant aux enfants privés d'école pour cause de mendicité, des stylos qu'ils n'utiliseront pas. On a vu un type, qui ayant trop de gamins autour de lui, a jeté des pièces de monnaie en l'air, provoquant la ruée des enfants. Il aurait été plus simple de demander son numéro de compte au souteneur afin de lui faire un virement…

Sur le côté de l'église, un stand propose des cassettes, des bouquins ou divers objets destinés à soutenir l'EZLN. Les personnes présentes répondent, si on le leur demande, qu'elles ne font pas partie de ce mouvement mais qu'elles s'en sentent proche. Doux euphémisme destiné à éviter trop d'ennuis avec une police qui semble-t-il est très présente.

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Mais tout autour, la ville est magnifique. Nous passons de nombreuses heures à découvrir les différents petits quartiers qui se sont réunis pour fabriquer San Christobal. La ville, située entre plusieurs collines était à l'origine un ensemble de petits villages indiens. Chaque quartier possède donc une église et de petites places loin de l'agitation touristique du centre.

Les maisons, colorées, sont toutes de plain pied. On a l'impression que chaque rue conduit à une église tant elles sont nombreuses et colorées. L'atmosphère est très douce et la balade agréable. L'œil est toujours attiré par une couleur différente.

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Notre journée commence immanquablement par un tour au marché tout proche de notre logement. Nous ne nous lassons pas de l'ambiance de ce lieu, des couleurs, des odeurs et de la présence forte des indiennes venues vendre leur production. Elles portent des robes que l'on dirait faites en tapis à poil.

Un simple morceau de tissu enroulé autour de la taille et retenu par une ceinture tressée. C'est loin d'être classieux, mais on peut supposer que c'est chaud et résistant. Les enfants, qui semblent laissés à eux-mêmes dans les allées, sont superbes. On retrouve les yeux un peu bridés des petits péruviens ou boliviens. Mêmes joues rebondies et même morve au nez.

Par contre, les indiennes du marché ne sont pas spécialement souriantes, voire pas du tout et deviennent hystériques à la vue d'un appareil photo. Et quand elles ne le voient pas, il y a toujours une copine pour la prévenir ! Comme en Bolivie, on peut facilement recevoir un fruit ou un légume dans la figure si on tente de faire des photos…

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Mais nous avons un autre intérêt à nous trouver vers midi dans le marché, les petites taquerias y pullulent ! Nous faisons nos repas sur le pouce de tacos à la viande, au chorizo ou à la tête. Rajouter dessus un peu de citron vert, du piment et un peu d'oignon et de persil est un vrai délice. Pour arroser l'ensemble, un fanta orange ou un coca et l'après-midi est sure d'être bien partie !!

San Juan Chamula

Le 1er février nous conduit à quelques kilomètres de San Christobal, dans le petit village indien Tzotzil de San Juan Chamula. A l'entrée, un panneau signale qu'il est rigoureusement interdit de prendre des photos à l'intérieur de l'église et durant les cérémonies religieuses à l'extérieur. Car l'intérêt de San Juan Chamula réside dans ses rites mayas.

Devant l'église blanche et verte plutôt jolie qui se détache sur le fond des collines et le village, se tient un marché de plein air qui propose les fruits et les légumes de la région. Les femmes indiennes qui se trouvent là sont très "rustiques ".

Le choc survient lorsque nous entrons dans l'église, qui pour une fois est payante. Elle est vide de bancs. Son espace intérieur est donc très différent de celui des autres églises. Sur les deux côtés et jusqu'au cœur, des tables contenant des milliers de bougies dans des verres. Derrière les tables, se trouvent des "armoires " dont les portes en verre laissent voir des statues de saints.

Autour des armoires, des guirlandes lumineuses. Aux murs, des feuilles de palmiers. Au plafond, une corde qui traverse la salle dans son grand axe et qui soutient des tissus rattachés à mi-hauteur des murs et qui forment une sorte de toit.

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Au fond, en retrait, un christ, lui aussi dans une armoire et devant, au centre, une statue de saint Jean-Baptiste. Le plus étrange est le sol, en céramiques bleues recouvertes d'aiguilles de pins, excepté aux endroits où des "prêtres " officient.

Ces endroits sont dégagés car recouverts de rangées de bougies, collées par de la cire à même le sol. On imagine la cohabitation entre les aiguilles de pin et les flammes de ces bougies ! Et pourtant, l'église ne semble pas avoir souffert d'incendies…

Les "prêtres", ils sont plusieurs, ont un poncho blanc attaché à la taille par une ceinture et portent un chapeau de cow-boy. Autours de chacun d'eux, une famille qui apporte des offrandes (poules, boissons gazeuses, œufs…). Les œufs sont frottés sur la tête de l'un des membres de la famille, comme nous l'avons déjà vu faire avec des fleurs ou des plantes dans d'autres églises.

Les "officiants" psalmodient des textes dont la musique ressemble beaucoup à celle des moines bouddhistes du Tibet. Nous n'en comprenons bien sur ni le sens ni aucun mot. La langue utilisée est le maya, pas l'espagnol.

La lumière qui éclaire le lieu vient de deux vitraux hauts placés et surtout des milliers de bougies, rendant l'atmosphère terriblement étrange. Mises à part les psalmodies des officiants, assez discrète, il n'y a peu de bruit, les sons étant étouffés par la moquette végétale qui recouvre le sol et dont monte une odeur dont on n'a pas l'habitude dans une église. Odeur à laquelle viennent se mélanger celles des nombreuses fleurs un peu partout.

Les indiens semblent très recueillis et ne parlent pas. L'étrangeté du lieu vient également de ce que le centre de la religion n'est pas l'autel, mais chaque emplacement où se trouvent les bougies au sol. L'église n'est plus ici un espace collectif gouverné par un seul homme, mais une multitude d'espaces individuels. Cet endroit ne ressemble vraiment à rien de ce que nous avons pu voir ailleurs. Les indiens, lorsqu'ils sortent, font un signe de croix tout ce qu'il y a de plus conventionnel…

Nous restons longtemps, fascinés par ce lieu que nous ne comprenons pas.

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Dehors, des gamins nous attendent pour nous vendre des cartes postales de l'intérieur de l'église dans laquelle nous n'avons pas sorti nos appareils, à cause du peu de lumière, de l'interdiction clairement indiquée et surtout à cause de la présence de deux indiens qui surveillaient nos moindres gestes.

Les gamins ont une stratégie marketing évoluée : Un peso, sans rien acheter. Cinq pesos, un bracelet. Dix pesos, un bracelet et le droit de faire une photo d'eux. Le processus est le même que partout ailleurs : dans un premier temps, refus des photos sous un prétexte religieux, dans un deuxième temps, photo contre argent, pour finir par une demande d'argent sans contrepartie.

Les gamins ne sont pas responsables de cela, ils ont été guidés par leurs parents, eux-mêmes inspirés par l'attitude des touristes prêts à donner de l'argent pour se libérer de leur culpabilité. Le corollaire est que les enfants, qui rapportent donc un peu d'argent à leurs parents, ne vont pas à l'école… A noter que les gamines qui traînent sur la place du marché pour servir de modèles ont un bébé sur le dos, quel que soit leur âge, la photo étant plus typique. Classique adaptation de l'offre à la demande.

Revenu dans le marché, une des marchandes de fruits, qui n'a pas du faire de marketing, envoie une orange qui va s'écraser sur Line parce qu'elle avait dirigé son appareil dans sa direction. On avait bien dit qu'elles étaient "rustiques " !

Nous nous dirigerons le lendemain vers Zinacantan, autre village indien dont la porte de l'église arbore un panneau spécifiant qu'il est interdit de faire des photos à l'intérieur sous peine d'amende, de sanctions ou de prison ! Panneau qui précise un peu plus bas que l'église a besoin d'argent et qu'il serait de bon ton de laisser une obole… Belle interaction entre le touriste pollueur et le local profiteur.

Nous continuons d'arpenter San Christobal avec grand plaisir et nous y découvrons toujours de merveilleux endroits. Cela ne nous empêche pas de nous en éloigner régulièrement.

Comitan de Dominguez

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Le 3 février, nous prenons de nouveau un bus, cette fois pour Comitan de Dominguez. Sur le parcours, à la sortie de San Christobal, nous passerons par une important zone militaire et subirons deux contrôles. La petite ville de Comitan située à 1569 mètres possède un joli Zocalo, un peu chargé, beaucoup de flics en arme, ce qui nous surprend et un système d'appellation des rues parmi les plus compliqués que nous ayons rencontré au Mexique.

Cette ville étant surtout un point de départ pour un site archéologique maya, nous passons un temps fou à trouver la rue à partir de laquelle partent les collectivos pour ce site.

Le site n'est qu'à quinze kilomètres de Comitan. Nous les ferons à l'arrière d'une camionnette dans laquelle nous serons jusqu'à 17 passagers entassés sur les deux banquettes de la cabine et les deux bancs posés à l'arrière. Sans parler des provisions, plantes ou autre matériel ramenés par les paysans dans leurs villages.

Nous sommes les deux seuls à aller jusqu'au terminus, le site de Tenam Puente qui se trouve à plusieurs kilomètres du dernier village. Nous savons déjà que pour le retour il sera difficile de trouver un moyen de transport !

Le site est magnifique et pas trop fréquenté; nous sommes seuls dessus. Beaucoup de constructions, souvent en bon état, s'étalant sur plusieurs niveaux le long de la colline, dont deux pyramides à taille humaine sur lesquelles il est facile de monter. Du haut, la vue sur la vallée est superbe. Le paysage est très vallonné avec beaucoup de cultures, de maïs essentiellement. Les maisons sont sommaires, en bois ou en brique mais jamais finies. Les champs sont entourés par des barrières en bois.

Comme prévu, il n'y a pas de collectivo à la sortie du site. Nous prenons donc la route qui descend vers le premier village en espérant que nous trouverons notre bonheur là-bas. Au bout de quelques kilomètres nous rencontrerons une femme assise sur un banc. Elle nous confirme que le collectivo pour Comitan va bien s'arrêter là.

De retour à San Christobal, nous assisterons à une scène surprenante dans un restaurant où nous dînions le soir. La patronne du restaurant était entrain d'accueillir trois nouvelles personnes s'est vue entourée par ces nouveaux clients qui l'ont proprement kidnappée !

Alors que je me levais pour intervenir, l'un des trois a sorti une carte de flic et me l'a mise sous les yeux. La scène n'a pas durée plus de trois minutes et la patronne a disparu dans une voiture qui semble-t-il attendait devant la porte.

La serveuse a fermé le restaurant et quelques minutes plus tard un homme est venu qui a donné quelques coups de fils, dont un à un avocat et qui nous a rassuré en nous disant de continuer notre repas. Nous n'avons pas bien compris ce qui se passait…