Inde

Madurai

18 février, route vers Madurai. Toujours les mêmes angoisses devant la conduite irresponsable des chauffeurs de bus qui font n'importe quoi mais avec beaucoup de bruit. A Madurai, il fait 37 degrés. Nous apprenons qu'à Paris il fait moins un.

Nous visitons vers 17 heures le Sri Meenakshi temple. L'architecture est plutôt sympa, toute en colonnes et couleurs, mais il y a un monde fou et un bruit incroyable. Nous dînons sur le toit de notre hôtel où il y a un peu d'air et une vue sur les quatre immenses portes (Gopuram) du temple.

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Le lendemain, nous tentons notre sortie habituelle dans la ville. Miracle, nous tombons sur une église catholique. Enfin quelque chose à voir de plus que le temple de base. Devant l'église, les chaussures des fidèles et à l'intérieur, les hommes sont d'un côté de la travée centrale et les femmes de l'autre. Comme quoi, la séparation des sexes n'est pas liée à la religion, mais est partie intégrante de la culture indienne. Pour les pompes à l'extérieur, on se demande encore...

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Les gens :

Les enfants de 8-12 ans nous lancent souvent des "Hello"dans la rue. Le fin du fin et qui les fait rire aux éclats et de nous serrer la main. Les ados nous disent souvent bonjour et parfois tentent de rentrer en contact avec nous.

Les adultes n'ont aucun intérêt. Les hommes sont habillés en couches culottes (dotis, sorte de pagnes qu'ils retroussent entre leurs jambes), ils pissent partout et passent leur temps à chiquer des feuilles de bétel qui leurs font cracher des litres de jus rougeâtre sur les murs ou par terre. Les femmes sont plus dignes et beaucoup plus civilisées que les hommes. Elles ont pour elles les couleurs de leurs saris. Ce sont elles qui assurent le transport des briques, du ciment ou de l'eau sur les chantiers. Elles font cela discrètement afin de ne pas réveiller les hommes qui dorment, couchés un peu partout.

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Politesse
: Dés que l'on a affaire au moindre guichetier dans un lieu public, il est très agressif, aboyant ses ordres à notre intention. Jamais un "s'il vous plait", ni un "merci". Tout est ordonné de manière stricte. La seule réaction à cette agression est d'agresser soi-même pour établir un équilibre. C'est épuisant et pas nécessairement ce que l'on recherche pendant un voyage.

Madurai possède aussi un marché aux légumes que nous allons explorer. Les marchés de Bolivie sont nickel à côté de celui-ci. Tout y est sale, bruyant, poussiéreux ! Des détritus jonchent sur le sol, les vaches laissent des bouses partout, l'ensemble formant un tapis de sol qui n'arrange pas les chaussures ! Cette atmosphère est feutrée par une lumière tamisée par des plastiques de couleurs au-dessus des allées.

Au premier étage, un surprenant marché aux fleurs que l'on peut atteindre par un escalier tellement pourri qu'il fait office de toboggan pour la descente. Là haut, la bousculade est incroyable. Les fleurs sont vendues au poids, pour la fabrication des colliers. Il semble que ce marché soit en fait une sorte de criée aux enchères. Le sol est recouvert par des milliers de fleurs écrasées et formant une boue épaisse. Couleurs étonnantes, bruit d'enfer...

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Resto populaire typique : Le nettoyage des tables est fait au moyen d'un tissu à peine mouillé qui est ensuite replacé dans un tiroir quelconque. Les assiettes sont des feuilles de bananier qui sont posées pliées devant les clients. Celui-ci les lave avec un peu d'eau, en se servant uniquement de sa main droite.

Le riz est ensuite amené sur une assiette en métal. Un serveur passe sans cesse avec des seaux contenant soit des sauces, soit des légumes (la plupart des indiens sont végétariens). Les clients mangent tous exclusivement de la main droite. En Inde, un gaucher est un homme maigre.

L'eau est servie par des gamins qui passent de table en table avec des brocs en métal. Les verres, en métal également ne sont pas portés aux lèvres, on doit boire à la régalade.

A la fin du repas, le client plie sa feuille vers l'extérieur, se lave la main et va payer ses 11 roupies (1,50 franc). Entre temps, il aura lâché un rot audible à plusieurs centaines de mètres. En sortant, il se sera assuré, en le remontant, que son matériel de reproduction est toujours là. Les hommes en Inde semblent très inquiets à ce propos et font souvent ce geste gracieux dans la rue

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Rabatteurs (touts) : Lors d'un séjour en Inde, on est obligatoirement confronté à ces plaies que sont les rabatteurs. Ces gens, qui agissent pour leur propre compte ou qui sont payés par des hôtels, des restos ou des boutiques sont chargés de nous faire venir dans un endroit précis où ils vont toucher une commission ou un pourcentage sur nos éventuels achats.

Tout le monde est rabatteur : les autorickshaws, principalement qui vont essayer de nous faire venir dans l'hôtel de leur choix, en prétextant que le nôtre est fermé ou complet, ou nous amener sur un magasin de souvenirs alors que nous ne voulons pas y aller.

C'est toujours la guerre pour faire respecter nos souhaits. Certains, encore plus vicieux vont jusqu'à pénétrer avant nous dans l'hôtel que nous avions choisi pour dire que c'est eux qui nous ont conduit là. Bien entendu, c'est le client qui voit sa note augmenter du montant de la commission.
On a vu un type qui marchait distraitement devant nous, se retourner en passant devant une boutique de souvenirs en nous invitant à y entrer comme si nous étions venus ensemble.

Une personne qui cherche à sympathiser au moyen du conventionnel "Where are you from" n'a pas d'autre but que de nous faire venir dans une boutique.
C'est lourd quand on le subit à longueur de temps et cela change notre comportement qui devient assez facilement agressif à force de devoir être méfiant à tout bout de champ.

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Ayant épuisé les possibilités touristiques de Madurai, nous étudions un itinéraire cohérent pour nous rendre plus à l'ouest vers le Kerala. Mais, les moyens de transports étant peu rapides les distances importantes et devant les difficultés prévisibles pour avancer, nous décidons de faire une croix sur cette région et prenons un billet d'avion pour Bombay (Mumbay de son nouveau nom).

Le 21 février, nous nous rendons donc à l'aéroport munis de nos billets pour Bombay. Précieux billets, car leurs prix sont assez voisins de ceux que nous trouvons en France.

Nous enchaînons une série de contrôles à n'en plus finir, dont les derniers qui séparent les hommes des femmes. Rien de sexuel dans ces contrôles qui consistaient simplement à ouvrir, pour la quatrième fois nos sacs de cabine.