La ville elle-même n'ayant d'autre intérêt, nous reprenons le bus dés le lendemain pour Tanjore. A noter que pour la troisième fois consécutive, nous nous heurtons à ce type de ville où il n'y a rien à faire d'autre que le temple local. Pas d'endroit où se poser, pas de trottoirs dans les rues, d'où une marche épuisante et dangereuse au milieu de beaucoup de bruit et de saleté...
Et aussi beaucoup de fonctionnaires qui nous aboient dessus dés que l'on a affaire à eux (achats de billets dans les temples, de billets de bus...). L'étranger n'est pas considéré en Inde...
La route vers Tanjore est comme toujours complètement défoncée. Nous faisons les 127 km en plus de quatre heures. Chaque dos d'âne nous permet de décoller de trente centimètres de nos siéges.
Pendant le voyage, nous observons une scène révélatrice : sur un siège de trois personnes est assise une jeune femme sans putu (le point entre les yeux), signe qu'elle n'est pas mariée. Aucun homme ne viendra s'asseoir à côté d'elle jusqu'à ce que quelqu'un ne lui demande de changer de place et de venir s'asseoir à côté de Line pour "libérer" les trois places devant.
Quand nous demandons à un jeune indien le pourquoi de cette attitude, il nous répond que c'est comme ça, que c'est la culture indienne. No comment.
Toute la vie des indiens est rythmée par cette "culture" de petits rites à observer comme de ne manger qu'avec la main droite, de raser les cheveux des filles à deux ans (pas les garçons), de plier sa feuille de bananier vers soi après avoir mangé dessus, de ne pas se laver les cheveux le jour d'un départ en voyage, de ne pas dire au revoir aux gens le jour d'un enterrement, les hommes sont toujours servis avant les femmes, il ne faut pas serrer la main si on ne connaît pas la caste...
Magnifique auto flicage qui empêche de raisonner.
Nous discutons un certain temps avec le jeune indien qui, à manifestation machiste, nous a répondu culture indienne. Lorsqu'il nous demande notre religion, il tombe sur le cul quand on lui a dit qu'on ne croit en aucun Dieu et qu'on attend la mort pour savoir si on a raison. Sentant un peu de provocation de notre part, il change de sujet et nous a demande si l'on a un téléphone portable.
Quand on lui dit que non et que l'on préfère être libre, il se demande si il ne parle pas à des extra terrestres. Les deux symboles de l'Inde, Dieu et les GSM ne recevant pas d'adhésion de notre part...
Pendant le voyage nous avons réussi à doubler deux éléphants et un cortège mortuaire ou le mort, exposé, a gardé ses lunettes. Sûrement pour mieux chercher Dieu. Mais on ne dit rien dans ce sens à notre indien déconfit. On sait se tenir !
Tanjore nous offre la même chose que les villes précédentes, à savoir des rues dans lesquelles il est impossible de se promener à cause des dangers de la circulation et de la poussière, aucun autre endroit à voir que le temple et toujours pas d'endroit où se poser. Après le temple, un de plus, nous décidons de prendre l'air en dehors de la ville et choisissons, sur le Lonely Planet, un hôtel avec une piscine qui nous semble correct.
C'est un repère pour bus à excursions. Des groupes d'allemands et de français débarquent le soir après avoir observé l'Inde à travers les vitres propres du mini bus climatisé. Nous ne faisons pas le même voyage. Peut-être ont-ils choisi la bonne solution, celle qui évite l'Inde ?
La nourriture est exécrable, sans aucun goût, pour des palais de touristes qui restent une semaine en Inde et qui n'ont pas le temps de s'habituer aux piments, ni la volonté de découvrir les petits déjeuners indiens plein de saveurs...
Nous restons deux jours à nous reposer pour repartir le 15 février vers Trichy où nous attend un nouveau temple !
Celui-ci, le temple Sri Rangana est redoutable : 6 portes et 7 enceintes entourent le sanctuaire et sa coupole en or. Entre les différentes portes, la rue et les marchands. Beaucoup de vie. Seule la dernière porte nous oblige à nous déchausser.
A l'intérieur de la dernière enceinte, un éléphant à charge de bénir les gens qui en font la demande en lui glissant une pièce d'une roupie dans la trompe. Après l'avoir remise à son cornac, assis à côté, il assène un petit coup de trompe sur la tête du donateur avec un coup gratuit sur la tête d'un enfant qui se trouverait dans les bras.
Le temple est magnifique, colonnes, bassins et statues à poils ! A l'intérieur, un enclos à vaches est caché derrière une porte dérobée. C'est notre première visite, quasiment après être arrivés dans la ville. Nous rentrons à notre hôtel en autorickshaw, de nuit. Redoutable ! Les autos roulent sans feu ou en plein feux, au choix et les vélos ne sont pas éclairés.
Dictionnaire de l'Inde
Conduite à gauche : En Inde, comme en Grande Bretagne, les routes ont leur côté gauche sur la droite et inversement. Les véhicules sont donc obligés de rouler à gauche. Les constructeurs de véhicules, pour ne pas perdre leurs clients, sont donc tenus de mettre le volant à droite.
Le lendemain, nous retournons au temple Sri Rangana, mais en pleine chaleur. Les chaussettes sont les bienvenues pour se protéger de la brûlure des briques au sol. C'est la sieste dans le temple, les fidèles sont allongés partout à l'ombre et ne gesticulent donc pas. C'est toujours ça de pris.
Dictionnaire de l'Inde
Gamins: Les gamins sont tout le temps entrain de réclamer quelque chose aux touristes et ce parce que les touristes leur donnent cette habitude. Ils réclament donc des stylos, des briquets, des bonbons etc... Certains demandent, "pour leur collection", des pièces d'un ou deux euros. Ensuite, ils s'adressent à d'autres touristes pour leur demander de changer ces euros dont la banque ne veut pas ! En préambule de chaque demande, le traditionnel "Where are you from" qui permet d'être tout de suite copains.
Dictionnaire de l'Inde
Sangsues : Des que l'on s'arrête pour regarder un plan, lire quelque chose ou se gratter la fesse gauche, il y a toujours quelqu'un qui se colle à vous pour regarder ce que vous faites. Si on a le malheur de ne pas fermer sa porte à clé quand on est dans sa chambre on a toutes les chances de voir arriver les gens de l'hôtel qui sans frapper, entrent pour apporter une serviette, du savon, ou demander si vous voulez un thé et qui regardent partout.
Cet aspect de la "culture indienne est particulièrement agaçant. Les gens ont beau être gentils, ils deviennent vite lassants. Autres sangsues, les autorickshaws qui nous interpellent à longueur de temps dans la rue et qui, lorsque nous en avons besoin, ont tendance à vouloir nous emmener là où ils veulent. L'objectif étant le plus souvent un magasin dans lequel ils vont toucher une commission pour nous y avoir apportés.
Pour une fois, la ville ayant deux centres d'intérêts, nous nous précipitons sur le deuxième, le Rock fort temple. Pas la peine d'en faire un fromage, mis à part des escaliers en plein soleil, il n'apporte rien de bien intéressant. De nouveau un éléphant qui dit bonjour avec sa trompe contre une pièce. Nous nous laissons tenter, c'est plutôt drôle et pas nécessairement courant !