Chine

Se transporter en Chine

Les taxis, que l'on trouve très facilement, ont un compteur mis en marche dés que l'on entre dedans. Il n'y a donc pas à discuter comme en Inde où ces "négociations" devenaient épuisantes. Par contre, sur un trajet aller-retour, il sera rare de payer le même prix !

Contrairement aux taxis parisiens, il est tout à fait possible de s'asseoir à côté du chauffeur. Ce serait même inconvenant de ne pas le faire si l'on est seul. Et puis, devant, on est plus proche des sensations ! Car il y en a. La conduite est "sportive". Les lignes blanches au sol n'existent pas, les feux pas trop non plus et les priorités sont une notion trop bourgeoise pour être prise en compte. De plus, une voiture qui tourne à droite ne s'arrête jamais. Les piétons et les vélos n'ont qu'à bien se tenir.

L'idée même de s'arrêter est absente de la mentalité du conducteur. Il va faire tout un tas d'embardées pour éviter les obstacles plutôt que de freiner. A tout moment une voiture, un vélo ou un piéton peuvent surgir devant vous. La règle est parfaitement admise et les automobilistes qui subissent une crasse ne se plaignent jamais et ne se sentent pas agressés personnellement comme dans certains pays latins...

Mais il est rare de voir des accrochages. Pas de problèmes en Chine !

Et puis, en matière de transports, il y a aussi le train. Un grand bonheur, surtout au moment d’acheter ses billets !

Il faut tout d'abord trouver l'endroit où se vendent les billets. Jamais dans la gare elle-même, ce serait bien trop simple. Les billets de n'importe quoi n'étant de toutes manières rarement vendus à l'endroit logique.

Les files d'attentes sont souvent très longues devant les dizaines de guichet possibles (pour les très grandes gares). Comme tout est en chinois, il est difficile de savoir dans laquelle se placer. Ensuite, il faut expliquer à la guichetière où l'on veut se rendre, quels types de sièges on veut et à quelles dates et heures on veut partir. Ce qui est simple à la gare Montparnasse est bien plus ardu à la gare de Shanghaï !

Quand on a le billet, on ne peut rien contrôler, tout étant écrit en chinois. Si on a mal expliqué, ou si l'on a été mal compris, on peut se retrouver aux antipodes de la destination souhaitée... C'est encore l'intérêt de la gare Montparnasse, un chinois se retrouvera toujours en gros vers l'ouest de la France. Après, il fera du stop.

Ensuite, il faut entrer dans la gare elle-même, ou les sacs et valises sont passés aux rayons "X". Les chinois ont en effet une grande peur des détournements de trains.

La salle d'attente est en fonction de la classe choisie (assis durs ou assis mous). Des panneaux indiquent le moment où il faut se lever pour aller sur le quai. Comme on ne sait pas les lire, on se lève à chaque fois qu'un panneau clignote et on montre nos tickets. Si on se fait virer, c'est que ce n'est pas notre train, si on passe, c'est bon. Si on se fait virer plusieurs jours à la suite, c'est que l'on s'est trompé de salle d'attente voire de gare !

Arrivés sur le quai, une employée, posté tout les vingt mètres, est chargée de trier les passagers en fonction du wagon qu'ils doivent occuper. Pas question d'entrer dans le train par la voiture 17 si on voyage dans la 16. On ne plaisante pas avec ça !

Dés l'arrêt du train, une hôtesse descend pour faire la police, en l'occurrence pour permettre à ceux qui descendent de ne pas être refoulés dans le wagon par ceux qui montent. Car, les chinois sont comme ça : on fonce et on ne s'occupe pas des autres !

Dans le train, des hôtesses passent pour vendre tout un tas de boissons, soupes, illustrés et gadgets divers. Et musique d'ambiance pour les assis mous.

Nankin

Nous quittons Suzhou, Florence et Etienne le 26 mai pour prendre le train en direction de Nankin (Nanjin), de "Nan", sud et "Jin", capitale. Nankin est l'une des anciennes capitales de la Chine. A l'instar de Pékin qui est la capitale du nord, nous nous dirigeons vers l'ancienne capitale du sud. Durant les 2h30 du voyage, nous voyons défiler un paysage de campagnes assez pauvres aux routes non goudronnées. Peu avant l'arrivée à Nankin, des barres de HLM impressionnantes surgissent de terre.

La gare est en travaux et promet de ressembler à un aéroport. Mais pour le moment c'est un joyeux foutoir. Nous trouvons tout de même un taxi qui nous amène dans le centre ville qui ressemble à celui de toutes les grandes villes chinoises, quelque chose entre Las Vegas et la rue de Rivoli.

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Nous restons quelques jours dans cette ville où les japonais ne sont pas les bienvenus (mais ce n'est pas le cas pour ce qui nous concerne). C'est en effet ici, pendant l'occupation japonaise qu'a eut lieu un massacre qui a fait 300 000 morts dans la population civile. Un musée retrace cette tragédie, malheureusement fermé lorsque nous avons voulu y aller. Le sujet est très sensible entre les deux pays. Très récemment, la polémique est réapparue concernant "l'oubli" des massacres de Nankin dans les livres d'histoire japonais.

Polémique d'abord politique et qui permet au président chinois de marquer son leadership sur l'Asie.

On voit en boucle à la télévision l'image d'un premier ministre japonais embarrassé, qui tente de serrer la main du président chinois, Hu Jintao, en guise de repentir pour cette glissade historique. Et l'on voit aussi le président chinois, intéressé par quelque chose ailleurs qui ignore avec froideur la main tendue par le dépité nippon piteux.

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Le même président chinois qui lorsqu'il était à la tête du parti communiste de la région autonome du Tibet a maté une rébellion dans le sang. Ce dont les livres d'histoire chinois ne vont peut-être par parler, pas plus que du massacre de la place Tien An Men. Les livres d'histoire japonais seront peut-être plus prolixes en la matière. Qui sait ?

Nankin est une ville jeune à cause de ses nombreuses universités. A côté des tours immenses, les quartiers chinois traditionnels dont les jardins le soir, se couvrent de petits vieux qui viennent faire leurs exercices, leur joggings lents et leurs parties de cartes. Où les calligraphes tracent leurs signes à l'eau sur le sol et où les très jeunes enfants avec leurs drôles de culottes fendues et leurs zizis à l'air, découvrent le sol de leur patrie en s'y écrasant le nez à qui mieux mieux...

Il est drôle de voir ces enfants, petits empereurs d'une famille qui n'en aura qu'un seul. Le gamin est entouré de ses deux parents et de ses quatre grands parents qui le chouchoutent comme une perle rare. Les jouets sont assez sommaires, les gamins préférant se salir dans les flaques d'eau comme tous les enfants du monde !

Les tout petits sont très dubitatifs devant nos tronches d'occidentaux et surtout devant ma barbe. Tout est très calme, très serein. Un peu plus loin, des réunions où les propriétaires de chiens échangent les mêmes propos idiots que les propriétaires de chiens de Paris. Du moins on le suppose, car ils ne parlent pas la même langue !

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En France on propose "Oui" ou "Non".

Le 30 mai, il semble que ce soit plutôt "Non". La télévision chinoise fait ses choux gras de cet accroc à l'unité européenne qui fait bien ses affaires. La veille il n'était question que de cette unité face à l'augmentation des exportations textiles de la Chine en Europe. La France devient la copine de la Chine, on va avoir des réductions dans les restaurants !

Nous continuons notre exploration de cette ville qui offre tant de facettes, du quartier ultra touristique de Fuzi Miao, aux anciens murs Ming de la ville, en passant par les nombreux temples et pagodes et ce marché en plein air qui ressemble à un gigantesque magasin Tati où se vendent des sous-vêtements, des chiots, des souvenirs authentiques, de la nourriture, des fausses montres Cartier et des DVD récents à un euro.