A la télé, une émission sur CCTV 3, la chaîne de la musique, nous montre un film occidental où Haendel engueule des choristes qui répètent son Alleluja. Entendre Haendel parler chinois est un régal !
Le 23 nous prenons notre premier train couchettes ("couché mou") pour rejoindre Xi'An, ancienne cité impériale et capitale du Shaanxi. Nous quittons donc le Shanxi. La ville est reconvertie au capitalisme : les boulevards très larges sont bordés de boutiques de luxe, de Mac Do de KFC et de Starbucks coffee. La ville est célèbre pour son "armée des soldats enterrés" située à quelques dizaines de kilomètres.
On peut aussi y voir un quartier musulman qui entoure une curieuse mosquée. Nous la visitons et découvrons des jardins de style andalous vraiment magnifiques. La mosquée elle-même et les autres bâtiments sont surprenants car de pur style chinois avec des inscriptions en chinois et en arabe.
Le quartier est grouillant de vie. Les musulmans chinois ont un petit chapeau blanc sur la tête, c'est également assez surprenant ! Partout des chaudrons où cuisent toutes sortes de choses, à la vapeur ou en friture. Beaucoup d'oiseaux dans des cages suspendues au-dessus des portes.
Des choses à manger nous étonnent un peu parfois, comme ce que nous aurions pu prendre pour des selles de vélo et qui sont en fait des foies de bœufs séchés.
Nous découvrons aussi un marché redoutable. Il est tout en longueur, compose de deux allées de deux mètres de large chacune et qui présente d'un côté de l'allée, des vêtements, de la lingerie ou des objets divers, de l'autre, de la nourriture. Nous regardons plutôt côté bouffe, sachant nos angoisses existentielles touchant ce sujet. Et nous sommes rassurés : dans trois cages superposées sont les serpents, en dessous, dans de l'eau, quelque chose entre des serpent et des anguilles et dans deux bacs séparés, des crapauds et des tortues à carapace molle.
Plus loin, dans le secteur poissons et coquillages, des trucs informes d'au moins un kilo qui sortent de grands seaux et font un bruit de ventouse en tombant par terre. On passe sur les légumes bizarres, car il faut bien manger quelque chose... Pour ceux qui veulent y aller, on a l'adresse du Mac Do. Et on comprend pourquoi les empereurs ont tant voulu habiter à Pékin !
Mais, l'attraction de Xi'An est son armée enterrée. Nous prenons, le 25 avril, le bus pour aller lui faire un petit Ni Hao (bonjour en local).
C'est en 1974, qu'un paysan en creusant un puits, est tombé sur des poteries. Depuis, son champ a du lui être confisqué et l'on a découvert plusieurs milliers de soldats en formation de combat dans trois fosses différentes. Tout a été recouvert par un toit immense, des allées en marbre ont été construites, des guichets et des toilettes (hommes et femmes) ont été ajoutés.
Le site est incroyable : Les soldats d'un mètre quatre-vingt déjà remis debout, semblent n'attendre qu'un ordre pour partir au combat. Et comme ils attendaient déjà depuis 2000 ans, certains ont été réduits en marmelade, aidés en cela par la chute du toit en bois qui les recouvraient.
Chaque division est rangée dans une travée. Les travées sont séparées par des murets de 2 mètres de haut qui soutenaient le toit en bois. Le tout était recouvert de 5 mètres de terre par endroit. Les soldats sont des poteries dont les corps sont quasi semblables à l'intérieur d'une spécialité, mais dont les têtes sont toutes différentes. Il existe des fantassins, des archers, des cavaliers et leurs chevaux et dans la fosse la plus petite, le commandement.
Les visages sont très vivants et ont tous le regard fixés vers l'est, exceptés les gardes, sur les bords et à l'arrière qui eux, regardent dans les autres directions. Les visages seraient ceux des potiers et autres constructeurs du site.
Nous restons un long moment à contempler cette énigme vieille de vingt siècles dont les soldats se foutent bien de regarder le haut des pyramides.
Le lendemain, visite de la grande pagode des oies sauvages (en chinois dans le texte) qui n'offre pas grand chose à voir sinon de magnifiques fresques en jade. Mais elles sont très belles.
Le soir, nous scrutons les programmes de télé. Quelques films où des gentils soldats chinois vont délivrer la belle prisonnière, des films avec des chinois, mais en costume d'aujourd'hui, donc on a du mal à situer le sujet et quelques films occidentaux. Le fin du fin est "La grande vadrouille" où Bourvil et De Funes parlent un excellent chinois et le "Titanic" où Leonardo, qui meurt toujours à la fin, drague la blonde en chinois aussi. Les pubs représentent à la fois des chinois et des occidentaux.
A noter que le critère ultime de beauté pour une femme chinoise est d'avoir de grands yeux. C'est vrai qu'elles sont magnifiques.