Dehors, la température a brusquement baissé et nous oblige à remettre nos pulls et nos Gortex. Dans l'après- midi, nous allons au "marché aux perles", autre temple, mais de la contrefaçon. Nous y trouvons des Rolex et des Omega beaucoup moins chères qu'en France ! Mêmes choses pour ce qui concerne les vêtements de marque et y compris les vêtements "techniques", comme les polaires ou vêtements de montagne. Il est de bon ton de ressortir avec sa Rolex au poignet.
Le moment du repas étant toujours un problème, nous allons dans un marché avec un calepin à la main : Line marque en français le nom d'un légume et demande, en le montrant à la vendeuse, que celle-ci l'inscrive en chinois à côté. Nous ressortons avec une page complète de légumes, de fruits et surtout de viandes, ce qui va nous éviter de faire la poule, le porc ou la vache dans un restaurant bondé.
L'autre technique étant de sa promener dans le resto avec le serveur et de lui montrer ce qu'il y a dans les plats des autres, si la couleur ou la texture nous semblent corrects. Mais quoi qu'il en soit, nous ne savons jamais exactement ce que nous mangeons...
En tout cas, le soir même nous parvenons à commander une salade avec les légumes que l'on veut !!!
Enhardis après quelques jours de marche, nous quittons le centre de la ville pour découvrir d'autres quartiers. Pékin est très moderne : de nombreux buildings très hauts, des voies de circulation très sophistiquées (échangeurs, voies rapides...), plusieurs anneaux ayant pour centre la cité interdite et surtout beaucoup d'air, les boulevards étant très larges. Tout cela s'étant fait au détriment d'une certaine authenticité de la ville qui a gagné en confort en perdant son âme. Et surtout en prévision des JO de 2008 qui doivent montrer au monde une Chine impeccable.
Nous allons visiter ensuite le fameux palais d'été, résidence des empereurs durant la chaleur estivale. C'est un peu galère pour trouver le bon bus, une fois quitté le métro. Encore une fois, tout est marqué en chinois et l'anglais n'est vraiment pas parlé par tout le monde dans les rues. Loin de là...
Mais nous y parvenons et par la même occasion, au palais d'été. L'endroit est somptueux. Autour des palais (les empereurs n'arrivant pas à vivre dans un deux pièces cuisine), de magnifiques jardins sur des collines. Au centre un lac deux fois grand comme la méditerranée sur lequel les chinois font de la barque. On est dimanche, jour de repos des petites fourmis travailleuses.
Dans le parc, les gens se promènent, souvent en groupes précédés par le petit fanion de l'agence de tourisme chinois (CITS), jouent aux cartes ou ont d'autres activités la plupart du temps en groupe. Rarement individuelles.
Le soir, en revenant au centre, nous montons sur la porte Tian An (Tian An Men) pour avoir une vue d'ensemble de la place du même nom et voir en son centre le mausolée de Mao. Avant de monter, on doit laisser ses sacs dans une consigne gardée et passer par un portique avant de subir une fouille au corps.
L'endroit est politiquement très sensible : en haut de la porte, nous dominons le gigantesque portrait de Mao qui donne sur la place. Emporter un seau de peinture, pour lui maquiller la face ou des tracts à jeter dans la foule, serait du plus mauvais effet. En haut, il est impossible de s'approcher du bord, une chaîne nous en empêchant et derrière elle un cordon de flics en civil.
Mais la vue est intéressante tout de même. Ainsi que l'intérieur de la porte, pratiquement un petit palais, où sur un écran géant sont projetées les images de tout les défilés militaires ayant eu lieu dans le secteur. Il en manque toutefois un.
Le 11 avril, nous allons encore plus loin du centre pour nous rendre sur une portion de la grande muraille située à 110 km de Pékin. Il existe plusieurs endroits où l'on peut avoir une vue sur le grand mur, nous avons choisi de nous rendre à Simataï pour bénéficier de la région la plus montagneuse et partant de là, la moins engorgée par les bus d'excursion.
Nous ne sommes pas déçus. La muraille n'est qu'un gigantesque escalier qui monte le long de la montagne. Et en plus, les escaliers, pour retarder les ennemis, ont des marches de hauteurs et de profondeurs différentes. Histoire de bien casser les cuisses. Arrivés en haut, en sueur, nous pouvons voir ce long ruban dominant les crêtes à perte de vue. C'est incroyable. Nous restons scotchés.
Après le Machu Picchu, c'est l'entreprise humaine la plus dingue que l'on ai pu voir. Des postes de garde à intervalles réguliers mettent un peu de rythme dans ce long ruban de pierre censé garder l'empire des envahisseurs mongols. Seul problème et qui nous touche depuis notre arrivée, comment faisaient les gardes pour manger ?
Ceux qui étaient près de l'arrivée des bus, ok, mais les autres ? La muraille fait 12000 km de long. Et se faire livrer des pizzas tout les jours revient vite assez cher, sans compter qu'après 12 000 km de mobylette, elles devaient arriver tièdes !
Le 12, nous restons dans la ville et allons visiter le zoo. Celui-ci est vieillot, sauf pour la partie des tigres, des pandas et surtout de l'aquarium qui nous donne à voir des requins, des raies ou des tortues dans un bassin sous lequel il est possible de passer. Un spectacle de dauphins, style Floride accompagne l'ensemble. Côté pandas, ces andouilles étant en train de manger leurs bambous, nous n'avons vu que des dos ! Pendant que nous les regardions, un jeune garçon est venu toucher mes bras et en tirer les poils. Il m'a ensuite montre ses avant bras dépourvus de pilosité. Cela l'a bien fait rigoler !
Le retour en métro à l'heure de pointe nous donne une idée de l'organisation : des agents du BSP (bureau de sécurité publique (les flics)), sont là avec des hauts parleurs et canalisent les gens dans les bonnes directions et devant les wagons les moins remplis. Tout est organisé de manière quasi militaire et ça tourne au quart de poil. On est en Chine.
Le 14, nous tentons le mausolée de Mao, mais il y a beaucoup de monde et surtout un mec un peu trop empressé à nous aider pour apporter nos sacs à la consigne. On sent une arnaque, sans pouvoir la définir. En y réfléchissant le lendemain, on se rendra compte qu'il pouvait échanger sans que l'on s'en aperçoive le ticket de consigne afin de récupérer nos affaires tranquillement pendant que nous aurions fait la queue. Peut-être un peu de parano, mais un inconnu n'a aucune raison de se montrer insistant pour nous aider à faire ce que nous pouvons très bien faire par nous-mêmes. Expérience de routards ?
Nous dirigeons notre métro vers un nouveau parc, le Tian Tian Gongyuan, dans lequel les pagodes et les temples ont des toits en céramique bleue. C'est très joli. Mais le parc recèle un autre trésor : des petits vieux qui sont regroupés dans un coin tranquille et qui ont accroché aux branches basses des arbres des cages contenant des oiseaux qui chantent comme s'ils étaient libre (image métaphorique du pays ?). En tout cas, c'est étonnant. En revenant vers le métro, nous croisons ces petits vieux, qui sortent leur oiseau dans les jardins publics et qui tiennent à la main les cages recouvertes de tissus.
Le 15 avril. Nous quittons Pékin avec regrets et prenons un avion pour Taiyuan un peu plus bas au centre. L'aéroport est incroyablement organisé : il ne faut pas plus de quatre minutes après y être entré pour avoir enregistré nos bagages et obtenu nos cartes d'accès à bord. Ca nous laisse le temps de nous balader.
A un moment, nous croisons deux hommes, qui nous semblent être des flics en civil et qui nous demandent si on a payé les taxes d'aéroport. Ne sachant pas trop si il y en a ou pas à Pékin, on répond que non. Aussitôt, l'un des deux, vraiment serviable nous propose d'aller chercher les coupons pour nous et s'en va. Il revient quelques instants après en nous tendant quatre papiers qui ont l'air sérieux, mais qui ne mentionnent pas (en anglais en tout cas) le mot "taxe".
De plus, comme il a payé pour nous il nous demande de le rembourser, 400 yuans ! Soit 260 francs. Nous le remercions poliment et le laissons planté là avec ses papiers...
Les deux types n'insistent pas. Ils ont un culot incroyable : dans un endroit aussi surveillé qu'un aéroport, c'est vraiment osé de tenter ce genre d'arnaque. On peut penser que d'autres s'y sont laissés avoir, sinon, ils ne prendraient pas ce genre de risque. Ou alors, ils sont effectivement flics et arrondissent leurs bols de riz avec ces petites astuces...
Dans l'avion, en regardant nos billets, on constate que les taxes d'aéroport sont bien incluses dans le prix.