Chili

L'île de Chiloé

Nous quittons la région le 8 octobre pour nous rendre, toujours plus au sud, dans l'île de Chiloé. Nous trouvons une chambre dans le nord de l'île, à Ancud.

La vue sur la mer est superbe. En sortant du port, les bateaux de pêche sont suivis par des otaries qui sans cela s'emmerderaient ferme. Le port lui-même est très joli, très petit, mais rempli de bateaux aux couleurs vives.

Nous observons cela avec d'autant plus de plaisir que le temps est à la pluie et qu'il fait bon dans la chambre.

Nous prenons plaisir également à regarder des oiseaux plongeurs. Ils sont tous groupés (plus de 50 individus) et à un moment, ils plongent sous l'eau. Le patron de l'hôtel nous explique qu'ils peuvent tenir 30 secondes sous l'eau pour pêcher, mais qu'il y en a toujours un ou deux qui restent en surface pour surveiller l'arrivée des phoques ou des otaries qui se font un plaisir de les attraper pour les bouffer quand ils sont sous l'eau. On se demande comment ils font pour prévenir leurs copains !

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Le soir, le vent s'est levé et nous sortons de notre chambre pour aller dîner, sous une pluie battante. Le climat est très changeant sur l'île, parfois, il pleut, parfois il pleut aussi. Entre les deux, il ne fait pas beau !

Le repas nous permet de goûter à la spécialité culinaire de l'île de Chiloé : Le "Curanto".

Il s'agit d'un met très fin, livré sur deux plats. L'un contient de la viande grillée (poulet, travers de porc fumé, saucisse), l'autre contient des moules énormes, des coquillages, des gros haricots et deux sortes de pommes de terre. Comme légume, on a une sorte de pâte fait avec de la pomme de terre cuite ajouté à de la pomme de terre crue et une autre pâté fait avec de la pomme de terre cuite et du blé. En prime, on a aussi un bol contenant le jus de cuisson des coquillages et des moules.

Le problème, c'est qu'il faut manger tout ça. Comme on ne sait pas dans quel ordre, on le fait à l'instinct, ce qui fait bien rire la serveuse qui ne nous donne aucun mode d'emploi. Gros intérêt de la chose, même si en sortant il fait un vent d'enfer et qu'il pleuve comme vache qui pisse, on peut sortir en maillot de bain, on a des calories d'avance !!! On comprend pourquoi les bateaux coulent quand les marins mangent ça tous les jours !

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Nous louons une voiture pour mieux visiter l'île de Chiloé qui est très jolie. Les églises sont toutes en bois peint, de toutes les couleurs. C'est vrai qu'une église jaune avec un toit violet a de la classe ! Les maisons sont également en bois, leurs toits sont en briques de bois.

Les paysages sont somptueux et sauvages. Les habitants, pêcheurs ou agriculteurs, sont rustiques. Ils doivent avoir un peu de boliviens en eux...

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Des maisons de pêcheurs sur pilotis, les palafitos donnent de la couleur au bord de l'eau. La capitale de l'île, Castro, offre par contre très peu d'intérêt...

La route vers Punta Arenas

Nous quittons l'île le 14 octobre pour nous rendre à Punta Arenas. L'un des points les plus au sud du Chili. A partir de la nous serons très près d'Ushuaia, qui est en Argentine.

Le problème est qu'il n'est pas possible de descendre par le Chili, dont le territoire se termine en glace quelques centaines de kilomètres plus bas. Il existe bien une route, la "Carretera Austral" qui descend bas, mais pas assez pour atteindre le sud. Et de plus. Les horaires des bus sont très incertains à cause des conditions météo.

Nous devrons donc passer par l'Argentine !

Nous nous levons donc à 5 heures pour prendre un bus qui va d'abord nous faire remonter vers le nord afin de bifurquer à travers la région des lacs vers la frontière Argentine pour redescendre vers le sud de nouveau, en traversant la Patagonie dans sa plus grande longueur. Durée de l'activité : 35 heures ! On a pas vraiment réalisé ce que pouvaient être 35 heures dans un bus !

Maintenant, on sait !!!!!

Et c'est vrai que c'est pénible. Chaque passage de frontière (2 fois le Chili, 2 fois l'Argentine) nous permet de prendre l'air (frais, très frais) ainsi que l'unique arrêt du soir pour dîner dans un restaurant de routier. Autrement, bus sans aucun arrêt !

Difficile de dormir, même si les sièges sont inclinables à 45 degrés. Line n'ayant pas digéré une empanada achetée à la frontière a en plus passé plus de temps dans les toilettes que sur son siège !

Pas évident sur les routes de montagnes de la cordillère.

La Patagonie se révèle vite lassante sur autant de kilomètres. Ce n'est qu'étendues sans fin et barrières interminables autour de ces étendues. A l'intérieur, quelques vagues troupeaux de moutons et d'autruches, quelques gauchos et des chevaux sauvages...

Punta Arenas

Au bout de ces 35 heures, nous arrivons épuisés à Punta Arenas, sous un vent glacial. Nous sommes très bas sur la carte. Le moral aussi... Le détroit de Magellan dans lequel se trouve la ville n'a aucun effet sur nous. Par contre la douche en arrivant et le lit sont du plus bel effet dans notre vie somnolente !

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Le lendemain, nous sortons de la ville en bus pour aller rendre visite aux pingouins locaux. A la sortie de Punta Arena, un panneau nous donne Osorno à 2270 kilomètres. Nous avons donc fait plus de 2500 kilomètres la veille (et l'avant-veille)...

Les pingouins sont adorables. On se demande s'il y en a au zoo de Vincennes, car on a l'impression d'en voir pour la premières fois. Intellectuellement, ils ne doivent pas voler très haut, ils ont même l'air un peu cons, mais ils sont trop drôles à regarder évoluer et marcher en se dandinant.

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Le spectacle nous fait du bien au moral, mais la température n'est pas au top. Il doit faire entre 3 et 5 degrés, mais le vent, très violent, renforce l'impression de froid. Nous passons le dimanche 17 octobre à nous reposer. Le port de Punta Arenas est attaqué par des vagues énormes et la température est descendue à zéro degré.