Népal

Katmandou et sa vallée (Suite)

Devant le palais royal des slogans vantent la démocratie et le pouvoir au peuple. On ne précise pas si on parle bien du Népal…

Outre cet état de siège qui ne dit pas clairement son nom, les moussons violentes nous empêchent d'envisager des treks dans les Annapurna. Nous limiterons donc notre Népal à la vallée de Katmandou et à la ville elle-même, là où se trouvent la plupart des choses à voir en terme de constructions.

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Nous retrouvons avec horreur l'Inde et ses rites ridicules : lorsqu'on croise une vache, il convient de la toucher et de porter ensuite sa main à sa tête. On suppose que c'est un moyen de s'approprier un peu de l'intelligence de l'animal ?

L'animal à cornes en question qui semble moins sacré qu'en Inde, car lors d'un passage matinal devant l'un des nombreux temples du centre ville, nous avons vu une vachette et une chèvre attachées aux grilles du temple. Le soir en repassant, nous avons de nouveau vu la vachette, mais en deux morceaux distincts : la tête était emportée par un officiant, l'autre partie baignant dans une marre de sang devant le temple. Un sacrifice pratiquement dans la rue… Des népalais, qui comme les indiens, savent saisir toute occasion d'être en phase avec les dieux, se trempant les doigts dans le sang pour se teindre le haut du front...

Côté positif de la non sacralisation des bovidés, un restaurant sert de très bons steaks pas loin de l'hôtel. Le paganisme a du bon !

A l'ouest de la ville s'élève le stupa de Swayambunath qui offre une jolie vue sur cette ville qui ne l'est pas vraiment. Le stupa lui-même est imposant. Sur les quatre faces, les deux yeux et le point d'interrogation qui ont fait la une du bouquin de Barjavel, "Les chemins de Katmandou".

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Un temple bouddhiste tibétain fait également partie du tableau. Comme on est au Népal, il faut retirer ses chaussures pour y rentrer. Obligation qui n'existe ni en Chine ni au Tibet ! Le monument est fréquenté par de nombreux singes assez agressifs ainsi que par des indiens apathiques.

Non loin de là, un petit temple hindou est géré par un prête qui assure ses revenus en mélangeant du riz, des pétales de fleurs, des légumes, des bananes et tout ce qui lui tombe sous la main. Ce patouillage du niveau première année de garderie est très apprécié par les fidèles.

Une femme, qui a cru reconnaître son défunt mari dans un bout de carotte, se met en transe. Les tremblements de l'hystérique font aussitôt doubler les versements d'argent.

Lalitpur

En périphérie de Katmandou, un autre endroit, assez beau, est Lalitpur. Un temple hindou y est exploité commercialement par deux prêtres en couches culotte et en maillot de corps relevé jusque sous les aisselles, dans le but certain d'affirmer le côté classieux de leur croyance.

Des fidèles font la queue devant eux afin de les voir faire des simagrées en jetant du riz ou des fleurs à droite et à gauche. En échange de ce spectacle édifiant, ils se délestent de quelques roupies que les deux rigolos encaissent sans remercier.

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Devant le temple, deux énormes braseros entourés d'une foule de fidèles qui ne maîtrisant pas la force ni la direction du vent risquent à tout moment de voir leurs saris s'enflammer. On est vraiment en Inde. Ces gesticulations gâchent un peu cet endroit qui est tout de même assez agréable.

Plus loin, des rues à l'écart nous font découvrir des gens très beaux aux yeux bridés : tibétains, népalais ? Leur origine est difficile à déterminer, mais leur façon de vivre est très loin de celle des indiens. Souriants et calmes, ils sont une bouffée d'air bienvenue. Les rues de Lalitpur sont plus propres que celles de la capitale et la circulation moins anarchique.

Durbar Square (la "Plaza de Armas" locale, il y en a une dans chaque grosse ville) est là aussi recouverte de monuments mieux conservés qu'à Katmandou. Tout autour, des militaires en armes patrouillent, d'autres sont à l'affût cachés par des sacs de sable.

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La veille, dans le nord ouest, lors d'un "contact" avec des maoïstes, 8 militaires ont été tués, ainsi que 15 maoïstes. La recrudescence de flics aux coins des rues avec leurs casques et leurs boucliers doit être liée à cet accrochage.

Pashuati

Le 26 juillet, nous prenons le bus pour nous rendre à Pashuati, sur le bord de la rivière Bagmati.

Nous devons y visiter une cité monastique hindouiste. A l'entrée, nous payons les 250 roupies qui ne sont demandées qu'aux étrangers, pas aux népalais. Pour contrebalancer cette injustice à leurs égards, ils ont le droit d'entrer dans les temples, alors que nous, non ! Encore un foutage de gueule que nous aurions aimé ne pas avoir à subir de nouveau…

Sur le bord du fleuve, lieu de crémation, quelques bûchers sont dressés. Comme en Inde, nous sommes abordés par des bonnes âmes qui nous indiquent le lieu où nous placer et qui se proposent de nous servir de guides. Nous leur expliquons fermement notre autonomie.

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Les cendres et tout les restes non consumés sont jetés dans la rivière. En amont, est le lieu de baignade et d'ablution des hommes. En aval, celui des femmes qui bénéficient ainsi des rejets...

N'ayant pas vocation à subir l'Inde une deuxième fois, nous entamons les démarches pour quitter le Népal. Quinze jours étant suffisants pour faire le tour de la vallée de Katmandou…

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Les portes de sorties internationales étant soit la Chine soit la Thaïlande, nous prenons des billets pour Bangkok, escale non prévue dans notre programme.