Cambodge

Phnom Penh (suite)

A partir de la tombée du jour, heure à laquelle les touristes se posent pour se remplir, on voit arriver les petits vendeurs et les mendiants. Les vendeurs sont très souvent des enfants d'une dizaine d'années portant une petite caissette en plastique tenue par une ficelle passée autour de leur cou.

Dedans, quelques livres, toujours les mêmes : Lonely Planet du Cambodge en plusieurs langues et des ouvrages sur la barbarie khmère rouge et sur le S21. S'ajoutent quelques cartes postales à un dollar les cinq. La concurrence est rude entre les enfants. Dés qu'un client semble prêt à acheter à l'un deux, les autres arrivent pour essayer d'arracher le morceau ! On a même vu une gamine qui ayant eut le tort de s'endormir, se faire voler un bouquin par une autre !

D'autres gamines du même âge portent un bébé de quelques mois en bandoulière et tentent d'apitoyer les étrangers qui trop souvent leurs donnent de l'argent, les condamnant ainsi à rester dans la rue pour faire la manche. Car tout ce petit monde est étroitement encadré par de véritables proxénètes qui récupèrent l'argent en fin de soirée.

Chaque occidental dans les zones touristiques est sollicité autant de fois qu'il y a de gamins sur le trottoir. Bien entendu, on ne les rencontre nulle part ailleurs !

Phnom Penh est une ville agréable mais dont il faut bien sortir un jour. Ce sera le 10 août.

Siem Reap

Nous prenons un bus vers Siem Reap, ville dont personne n'aurait jamais entendu parler si à proximité ne se trouvaient les temples d'Angkor !

Les paysages de la campagne cambodgienne sont très beaux. De nombreuses rizières bien sûr, beaucoup d'eau et corollaire, beaucoup de maisons sur de très hauts pilotis. La végétation est tropicale avec une gamme de verts qui anéantirait le moral des peintres les plus convaincus !

Les heures de bus pour remonter au nord du pays passent très vite et c'est avec plaisir que nous débarquons à la "Mona Guest house" de Bruno, un français qui a installé un petit paradis dans un jardin tropical loin de la poussière de la ville.

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Nous nous y prélassons et nous y restaurons avant d'attaquer les temples dont l'entrée est à quelques centaines de mètres. Un soir, après une escalope à la crème, nous aurons droit à du camembert, du reblochon, du vrai pain et du vin de bordeaux !...

Les temples d'Angkor

Angkor était autrefois la capitale d'un vaste empire khmer (ethnie dont feront partie les khmers rouges, mais sans rapport avec eux), empire qui recouvrait ce que nous appelons aujourd'hui l'Asie du sud-est.

La construction des temples (une centaine ?) débute au 9ème siècle pour s'achever au 14ème. Les temples ne sont que la partie restée debout d'une immense cité dont les autres édifices étant en bois ont disparus depuis bien longtemps...
Après le déclin de l'empire khmer, la cité fut pillée, puis oubliée et perdue...

Ce sont les français qui vont la "découvrir" dans les années 1860. Les restaurations, indispensables commencèrent au début du 20ème siècle sous la responsabilité de la France. Le plus ardu étant de dégager la jungle des édifices. Pendant les longs siècles de lutte entre la nature et la pierre, les monuments ont été dévorés par la végétation et les arbres et certains ne tiennent plus que grâce aux racines de ces derniers !

Pour ne rien gâcher, il est fortement déconseillé de sortir des sentiers, le sol étant encore truffé de mines anti- personnel !

Angkor Vat

Le 12 août nous commençons notre tour des temples par le plus connu : Angkor Vat.

Plus prosaïquement nous commençons par un tour à la caisse qui nous déleste de 40$ pour chacun de nos laisser passer de 3 jours ! Puis nous allons vers Angkor Vat.

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C'est le mieux conservé et le mieux restauré. Il est entouré d'un immense bassin et de trois murs dont le plus à l'extérieur fait 1km sur 800 mètres ! A l'intérieur, une débauche de bas-reliefs d'une qualité et d'une beauté incroyable.

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Le temple central sur trois étages, dont les escaliers d'accès sont sportifs, est constitué d'un ensemble de galeries reliées les unes aux autres. D'immenses et gracieuses tours coiffent le tout. Deux grands bassins devant l'édifice permettent de faire la photo classique d'Angkor Vat se reflétant dans l'eau.

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Angkor Thom

Ensuite nous nous dirigeons vers le tout proche Angkor Thom dont le centre n'est pas à plus de deux kilomètres d'Angkor Vat. Il faut savoir que des temples plus éloignés sont à plus de cinquante kilomètres !

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Nous sommes dans la jungle, la chaleur et l'humidité sont très élevées.

Angkor Thom est un ensemble de temples, beaucoup moins bien conservés, de bassins (dans lesquels se baignent des gamins), de terrasse dont celle aux éléphants est richement décorée et possède en son centre un petit bijou : le Bayon.

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L'écrin de ce bijou est la jungle qui se bat pour le récupérer. Au premier regard, on ne distingue qu'un tas de pierres en ruine. Puis, si l'on s'approche, on voit la structure et les trois étages du temple et surtout ses cinquante quatre tours ornées de quatre visages chacune (dans les quatre directions), visage souriant, toujours le même, de plus d'un mètre cinquante, constitués par un assemblage de blocs de pierres taillées.

C'est du troisième étage, après avoir franchi les couloirs sombres et les escaliers à demi écroulés, que l'on prend véritablement possession du lieu. Et l'on y reste un temps fou à refaire toujours la même photo de ce type dont la tête sculptée vers le début du 13ème siècle est fascinante !

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Mais il est temps de rentrer, nos montres et surtout nos pieds nous donnent le signal du retour. Nous reprenons ce pont orné de figures terrifiantes et dont la rambarde est un serpent. Le tout taillé dans la pierre. Arrivés dans notre chambre, nous prenons surtout une bonne douche !

Prea Kan

Le 13 août, Bruno nous prête deux bicyclettes avec lesquelles nous nous déplacerons plus rapidement qu'à pied et qui nous mèneront plus loin également, jusqu'au Prea Kan, temple isolé, immense, ravagé par les arbres avec lequel il livre une lutte incroyable.

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Lutte qui sera perdue si une restauration urgente n'est pas entreprise. Il faut dire que seule une toute partie du forfait est utilisée pour les travaux, le reste va dans l'escarcelle de la société privée qui assure la gestion du site.

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Pendant ce temps, les racines se faufilent dans la moindre fissure et soulèvent lentement les plus grosses pierres provoquant les éboulements de murs entiers.

C'est triste sur le principe, mais magnifique à voir ! Le travail des arbres est fascinant...

Notre contemplation se trouve brusquement interrompue par un bruissement dont le bruit va en s'amplifiant. Il s'agit d'une pluie tropicale très violente qui frappe la cime des arbres, seule surface disponible, avant le temple.

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Nous avons juste le temps de trouver une salle ayant un plafond en bon état pour nous abriter. En quelques secondes le ciel est devenu noir et la pluie, assourdissante a pris possession des lieux.

Pendant une grosse demi-heure nous sommes témoins de ce déluge.

Puis, la pluie cessant, nous essorons nos vélos et reprenons la grande boucle de 26 km que nous sommes forcés de terminer, ayant déjà fait plus de la moitié du parcours !

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Grand bien nous fasse, nous traversons des endroits superbes, rizières, forêts et ... routes non goudronnées. La pluie ayant rempli d'eau les nombreux trous, nous roulons sur des œufs et nous apprécions beaucoup les projections d'eau boueuse des 4x4 qui nous croisent...

La boucle nous permet tout de même de découvrir un grand nombre de temples disséminés dans la forêt.

Temples du Roluos

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Le 14, après une visite matinale au marché couvert de Siem Reap, nous prenons un tuk tuk (petite cabine de 2/3 places tirée par une moto 125cc) pour nous rendre aux temples de Roluos à quelques dizaines de km au sud est de la ville. Nous faisons l'erreur de le laisser repartir.

Nous visitons le Preah Ko et le Bakong deux temples très isolés et séparés de 2 km. A la sortie du Bakong nous ne trouvons aucun moyen de transport pour revenir sur Siem Reap. Nous prenons donc le chemin de Roluos à 3 km par la forêt. Le village se révèle également sans moyen de transport. Nous refaisons donc nos 5 km pour retrouver la route de Siem Reap...

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Aucun bus, pas de tuk tuk, le stop ne donne rien pendant près d'une heure, mais un tuk tuk finit par s'arrêter. A son bord, trois jeunes belges qui ont eu pitié de nous !

Elles se poussent pour que nous puissions nous asseoir à cinq dans un espace prévu pour deux. Ce qui ne gêne pas le chauffeur qui a du en voir bien d'autres.

Nous flânons encore un peu dans la région et le 17 août nous quittons le Cambodge en avion vers le Laos et sa capitale, Vientiane.

L'aéoroport de Siem Reap nous fait payer une taxe de 25$ !

La gestion de l'aéroport a été donnée à une société privée qui se rembourse des pots de vin qu'elle a du verser aux autorités pour avoir la main sur cette manne qu'est la porte des temples d'Angkor.

On revoit les mêmes effets qu'à Cuzco avec le train pour le Machu Picchu. Comme au Pérou, les nationaux doivent payer ! Ici les cambodgiens déboursent 18$ (au lieu de 25$ pour les étrangers). Mais compte tenu des différences de revenus, la somme est extrêmement élevée pour eux...

Nous faisons le trajet dans un vieil ATR 72 à hélices. Nous sommes 16 à bord. Entre deux vibrations nous jetons un dernier œil sur le Cambodge qui, c'est confirmé, est vraiment un plat pays !...