Vietnam

Hanoï

Nous débarquons au Vietnam le 24 août. Le visa ayant été obtenu à Vientiane, nous quittons rapidement l'aéroport et prenons un taxi pour le centre d'Hanoï.

Nous donnons le nom de l'hôtel au chauffeur, l'hôtel Prince, situé idéalement au centre de la vieille ville. On est toujours en Asie, donc il commence par s'arrêter devant un autre hôtel. Aussitôt un type ouvre la porte et nous invite à descendre.

Il faut insister lourdement, claquer la porte et ordonner au chauffeur de repartir pour se débarrasser de lui. Nous donnons de nouveau le nom de l'hôtel au chauffeur qui après avoir passé un coup de fil nous dépose devant un établissement où est marqué, au-dessus de la porte "Welcome to prince".

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Il s'agit juste d'un message de bienvenue au prince Charles, car le nom de l'hôtel, écrit plus haut n'est pas du tout celui que nous demandons. Encore une fois un type qui sort de l'hôtel vient nous accueillir et nous informe, avant même que nous ayons pu dire quoi que ce soit, que c'est plein mais qu'il va nous conduire, tout près d'ici dans un endroit moins cher !

Pendant ce temps, le chauffeur, assuré de toucher sa commission sort nos sacs du coffre. Nous les envoyons balader tout les deux et partons chercher nous-mêmes un logement pour la nuit. On se fait un peu repérer et tout les 10 mètres une âme charitable tente d'avoir sa commission en nous faisant entrer dans l'hôtel le plus proche !

Nous trouvons enfin une chambre minable dans un bouge tenu par un grand père qui a l'air sympa. Il pleut toute la nuit. Ça commence bien !!

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Le lendemain nous laissons nos sacs au petit vieux et partons à la recherche du "Prince". Nous trouvons l'hôtel et y prenons une chambre avec balcon donnant sur la rue. Nous découvrons également le nombre d'hôtels portant un nom très proche de "Prince". L'astuce consistant à vendre les lanternes aux touristes qui pensent coucher dans la vessie...

La vieille ville d'Hanoi est néanmoins intéressante surtout en terme de vie. Sur la chaussé, 80% de la circulation est assurée par des motos. Très peu de voitures. Pratiquement personne ne porte de casque. Sur une moto on compte rarement une seule personne, mais souvent deux, trois et même quatre ou cinq lorsqu'il s'agit de familles !

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On entend des klaxons à longueur de temps. Comme il n'y a pas de trottoirs ou plutôt qu'ils servent à garer les motos, les piétons doivent marcher sur la chaussée, donc les motos doivent se signaler aux piétons. Tout le temps...

Les prix sont indiqués (quand ils le sont !) en dongs, la devise du pays. On paye en dongs et on rend la monnaie en dongs. Ce qui a le mérite d'être clair. Ce qui l'est moins, est le prix des choses qui passe du simple au triple d'une boutique à l'autre. Il est rare lorsque l'on demande un tarif qu'il soit donné tout de suite. Le vendeur nous observe pour tester le prix le plus fort qu'il va pouvoir nous proposer. Et il ne perdra pas la face si après nous avoir demandé 100, il laisse le produit à 20 ! C'est fatigant au possible.

D'autant plus que nous sommes sans cesse sollicités pour acheter n'importe quoi...

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Les rues de la vieille ville sont "rangées" par corps de métier : ici les vendeurs de plastique, là le graveurs sur marbre, ici les vendeurs d'épices, là les vendeurs de contrefaçons... Et partout des vendeurs de nourriture et de minuscules tabourets posés sur les trottoirs (entre les motos en stationnement !) afin de s'arrêter boire une bière ou manger des brochettes !

La pagode parfumée

Hanoi est une base obligée pour la baie d'Ha Long. Nous découvrons rapidement qu'il n'y a pratiquement pas de moyen de se déplacer seuls jusque là et encore moins d'information sur les moyens de naviguer dans la baie. Les guides sont remarquablement peu précis à ce sujet...

Il semble que la seule manière de se promener soit à dans des groupes organisés. On jubile ! C'est la raison pour laquelle les cafés, les hôtels et n'importe qui propose des tours vers les destinations proches de la ville...

Nous testons la formule du tour pour nous rendre à la "pagode parfumée", juste un prétexte pour faire un tour en barque dans la campagne vietnamienne.

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Nous voilà donc à 10 dans un minibus qui peine à dépasser les 40 km/h tant la route est chargée de motos. Comme elles ne tiennent pas vraiment leur droite il est difficile de se frayer un chemin... A la sortie d'Hanoï, sur le bord de la voie rapide, des dizaines de personnes vendent du pain !

Nous bénéficions au mieux du paysage de rizières toujours magnifiques. Au milieu des plants de riz, des tombes (!)... En traversant les villages, on assiste aux préparatifs des fêtes commémoratives du soixantième anniversaire de la république. Dans un champ des dizaines de personnes sont alignées devant une tribune et répètent la cérémonie du 2 septembre...

Nous arrivons enfin au fleuve où nous prenons des barques dont les rameurs sont uniquement des rameuses. Le droit de naviguer sur la rivière étant par priorité donné aux femmes veuves ou victimes de guerre.

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Nous traversons de jolis paysages de rizières inondées dans lesquelles nous retrouvons les tombes émergeant dans cet endroit inattendu !

Des buffles prennent leurs bains ne laissant hors de l'eau que leurs oreilles et le bout des naseaux. Nous croisons des paysans qui se déplacent comme nous dans des barques à fonds plats et se qui se rendent dans leurs rizières. Tout est très calme, aucun bateau à moteur ne venant troubler le silence....

Nous débarquons au bout d'une heure pour nous rendre à pied à la pagode parfumée. Sur le chemin, qui monte sec, des marchands nous invitent avec insistance à nous reposer "gratuitement" devant leur échoppe improvisée qui propose, mais pas "gratuitement" des boissons ou de l'encens, suivant que l'on soit assoiffés ou fidèles.

Certains, qui ont des batteries de voiture, dispensent une musique religieuse à fond la caisse dés que nous montrons le bout de nos oreilles ! Après une heure de quiétude sur la rivière, nous retrouvons la civilisation mercantile.

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La pagode parfumée que nous atteignons après une montée pénible sous la chaleur est une grotte naturelle au pied d'une montagne. Le "parfum" vient de l'encens des fidèles qui brûle en dégageant une fumée qui donne un aspect étrange au lieu. A l'intérieur de la grotte se trouvent les statuts et autres autels habituels.

Pendant le retour nous observons l'absence d'architecture spécifique dans les villages que nous traversons. Toutes les constructions sont différentes sans qu'un style précis ne prenne le dessus.

Autre découverte, les inscriptions sont en caractères alphabétiques occidentaux et non pas en caractères asiatiques comme le chinois, le cambodgien ou le laotien. Les mots semblent découpés en groupe de trois ou quatre lettres ; Hanoï se lisant Ha Noï. Nous apprendrons que cette écriture a été imposée par un missionnaire français afin d'introduire plus facilement l'évangile...

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Avant cela, les caractères chinois étaient utilisés. On les voit effectivement sur les pagodes.

Un matin, nous passons devant une école où les gamins, tous habillés de la même manière et rangés comme en brigade, attendent de rentrer au pas dans l'école. Les premiers portent un drapeau rouge.

La baie d'Ha Long

Nous passons une partie de la journée du 29 à chercher une sortie dans la baie d'Ha Long. Nous avons le choix entre une journée au trot ou une formule "deux jours, une nuit" avec nuit sur une jonque. Les prix ne sont pas les mêmes, mais on se dit que tant qu'à faire d'être là, autant faire les choses le mieux possible...

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Le 30, nous reprenons donc un minibus pour nous rendre dans le golfe du Tonkin. Il eut été pratiquement impossible de visiter la baie par nos propres moyens.

Nous arrivons sur la jonque vers midi. Après le déjeuner, nous levons l'ancre. Nous ne sommes pas seuls ; des dizaines de jonques comme la nôtre font de même ! Mais la baie est immense.

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Les rochers qui la recouvrent et qui ont pour origine un dragon ayant raté son amerrissage, ne laissent pas voir la pleine mer tant ils sont nombreux. La vision de ces îlots arrondis et recouverts de végétation est plutôt chouette.

Le bateau passe devant des villages de pêcheurs flottants. Les petites maisons légères sur des barges attachées les unes aux autres forment ces hameaux qui peuvent se déplacer en fonction des zones de pêche. Mais la pêche est une activité en voie de disparition dans la baie d'Ha Long, la pollution et le tourisme de masse étant ses premiers prédateurs.

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Nous nous faufilons entre les rochers dont certains renferment des grottes. Nous en visiterons une. Puis arrêt baignade classique à "Tip Tap Beach" où l'eau de mer n'a pas pris de bain depuis des siècles tant elle est sale ! Nous aurons l'occasion plus tard de pouvoir nous baigner en pleine baie dans une eau plus propre et chaude à souhait.

Nous dînons au milieu des îles... et des jonques dont nous comptons une quinzaine d'exemplaires autour de nous ! Le repas est très riche en fruits de mer et la nuit très étouffante, l'air conditionné étant "tombé en panne" juste au moment importun pour économiser les batteries du bateau.

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Le lendemain matin, il tombe une pluie battante sur la baie. Cela n'empêche pas trois gamins d'une dizaine d'année de prendre pied à bord et de regarder tout ce qui se passe sur la jonque. Dés qu'ils se savent observés ils affichent un air geignard et se mettent à réclamer. Comme d'habitude, ils trouvent des donneurs de stylos à bille, de bouteilles d'eau ou c'est plus grave, d'argent !

Les autres bateaux sont également abordés par ces gamins qui viennent d'un village flottant proche, sur de petites barques. Leurs parents étaient pêcheurs dans la baie d'Ha Long et le tourisme l'ayant polluée, ils seront mendiants à Hanoï...

C'est le début de notre deuxième journée. Il est 8 heures. Après le petit déjeuner, nous avons droit à une virée en bateau à moteur qui nous conduit à l'intérieur d'un rocher dans une anse naturelle où, malheureusement, les courants amènent toutes les poubelles jetées par dessus bord par les équipages des jonques. Non content de nous faire visiter cette décharge marine, le guide nous demande si nous voulons nous baigner ! Nous refusons bien sûr.

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Nous regagnons alors la jonque et prenons la route du retour. Il est 9 heures du matin ! A 10 heures 30, nous avons l'ordre de libérer les cabines et de nous rendre dans la salle à manger où l'on nous sert le repas de midi ! Le but de la manoeuvre étant de préparer les cabines pour les suivants qui sont en route pour leurs "deux jours, une nuit" et de pouvoir les faire manger à bord dés leur arrivée, à midi, c'est à dire dans 1 heure 30 !

Autre intérêt, n'ayant pas spécialement faim si peu de temps après le petit déjeuner, le repas que nous boudons va être resservi à midi ! Tout le Vietnam touristique est contenu dans cette arnaque ! Effectivement nous arrivons et quittons la jonque peu avant midi.

Nous aurons passé 24 heures dessus, soient deux jours et une nuit ! Ce mécanisme parfaitement huilé permet d'avoir 365 fois deux jours dans une année...

Fête nationale

N'ayant plus grand chose à voir à Hanoï, nous prenons nos billets d'avion à destination d'Hué au centre du pays pour le 3 septembre, lendemain de la fête nationale. L'avion est très bon marché, un billet coûtant 55USD (300 francs), nous choisissons ce moyen de transport de préférence au bus.

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Avant de partir nous traînons dans la vieille ville assez agréable. Au bord du lac, les drapeaux et les panneaux à la gloire de l'oncle Ho fleurissent partout. On y voit les images des ouvriers et des paysans portant dans leurs bras de fiers enfants tandis que leurs mères brandissent des fusils. L'image, qui peut faire sourire, donne néanmoins toute leur place aux femmes du Vietnam qui ont tenu un rôle important dans la guerre contre les français puis contre les américains.

En bas des affiches, un slogan et dans le fond, un sourire bienveillant à la barbichette, l'incontournable Ho Chi Min.

Il est impossible de rester assis plus de cinq minutes sans être la cible de vendeurs de n'importe quoi. C'est assez pénible. Les vietnamiens ne sont pas naturellement aussi souriants et amicaux que les chinois. On sent que le seul rapport avec nous qui les intéresse est celui où ils pourront nous soutirer de l'argent.

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Un soir, dans une rue fréquentée et bien éclairée, je sens que quelqu'un touche mon sac à dos. Je me retourne pour prendre la main dans le sac, expression pleine de justesse, un pickpocket qui avait déjà ouvert à moitié la poche contenant mon appareil photo HP 850 !

Mon premier réflexe est de lui balancer sur la tête le sac en plastique qui contient les courses que nous venons de faire. Ensuite et comme il ne s'enfuyait pas assez vite, un vigoureux coup de pied au cul le fait disparaître ! Le problème est que tout le monde l'a vu faire et que personne n'est intervenu. C'est un peu comme les méthodes de vente : on voit jusqu'où on peut nous voler !

Le jour de la fête nationale, nous évitons le défilé du matin, la foule compacte n'étant pas l'endroit le plus sûr...

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Il y a un monde fou dans les rues. Autour du lac, d'où doit être tiré un feu d'artifice, il y a, plusieurs heures avant, un grand nombre de gens assis par terre et qui attendent, occupés à remplir les espaces vacants de sachets plastiques ou de détritus divers.

Le grand magasin, à l'usage des touristes et qui affiche la réussite économique du pays, est envahi de gens qui le visitent en famille. Il y a un bruit incroyable là dedans et ce n'est pas celui des caisses enregistreuses car personne n'achète quoi que ce soit. Les deux attractions du jour étant les escalators et surtout les deux ascenseurs aux parois transparentes !

Il y a quelque chose de tristounet à voir le peuple de ce pays découvrir l'image d'un Vietnam idéal que les dirigeants renvoient à l'extérieur.

Hué

Le 3 septembre nous prenons l'avion pour Hué.

Arrivés à destination, le taxi, comme d'habitude nous amène à l'hôtel de son choix et pas du notre afin de toucher sa commission. Comme d'habitude nous refusons ce système et cherchons, à pied un hôtel. Avec 20 kg sur le dos, le choix est limité aux rues proches.

La ville de Hué n'est pas très passionnante si ce n'est la forteresse qui a de faux airs de la cité interdite avec entre autres un théâtre superbe et des portes en pierres sculptées magnifiques. Nous y subissons de fortes pluies de mousson qui inondent les rues en quelques minutes.

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Un soir que nous dînions, nous avons regardé la pluie tomber avec la jubilation d'être au sec. Las, en ressortant nous avons fait le chemin vers notre hôtel dans 50 cm d'eau. Et pas question de retirer nos chaussures pour les protéger ; l'état hasardeux des trottoirs étant dissuasifs pour nos pieds occidentaux si fragiles...

Autre centre d'intérêt, les tombeaux accessibles essentiellement par bateau. Encore une fois, il est pratiquement obligatoire de passer par une excursion organisée. Nous avons bien tenté de nous adresser directement aux bateliers sur le bord du fleuve, mais ceux ci nous proposent des prix délirants allant jusqu'à 8 fois ceux des excursionnistes !

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Nous choisissons donc de nouveau et avec un sentiment de raz le bol, une excursion organisée. De nouveau une arnaque. Pendant la journée tout est mis en oeuvre pour nous faire sortir de l'argent. Et sans que les choses à voir soient très intéressantes.

La liste des astuces mises en oeuvre ou des harcèlements pour soutirer des dollars est trop longue et en tout cas suffisante pour nous faire lâcher prise. Nous quitterons Hue pour Ho Chi Min Ville (Saïgon) et de là nous irons aussitôt à Bali pour souffler ! A HCMV, nous cherchons la meilleure voie aérienne pour rejoindre Bali. La Thaï se révèle la plus chère et la plus malaisée car nous obligeant à faire une halte en pleine nuit à Bangkok. Trop au nord.

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Pareil par la Malaysia Airline, même si Kuala Lumpur est mieux placé. En fin de compte, c'est Singapore Airlines qui va emporter les suffrages avec des horaires plus flexibles et la possibilité de faire un arrêt à Singapour dans l'une des nombreuses boutiques d'appareils photo, le HP 850 n'étant pas loin de rendre l'âme...