Australie

Tasmanie

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Le 14 au matin nous sommes en vue des cotes tasmanes. Il est 6 heures et nous bénéficions à la fois des dauphins et du lever de soleil. L'organisation australienne sans faille fait que le bateau est libéré de ses dizaines de voitures, camping-cars et camions en quelques minutes. On imagine la même chose en Chine où tout le monde essaierait de sortir le premier, ou en Inde, où le ferry surchargé aurait coulé dés le départ ....

Nous attaquons la Tasmanie par le nord ouest. Les paysages côtiers sont très beaux, l'endroit est très vallonné. Nous faisons halte à Stanley, petite ville en bord de mer au bout d'un isthme, est dominée par un énorme rocher : le "Nut".

Notre cabine est à une dizaine de mètres de l'eau, ce qui peut-être assez gênant en cas de tsunami. Mais la gérante nous a assuré qu'il n'y en aurait pas dans la journée. Par contre, il pleut, condition idéale pour une promenade d'une dizaine de kilomètres sur l'immense plage. Nos vêtements de pluie commençaient à sentir le renfermé !

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La nuit est venteuse, un vrai plaisir quand on est sous une couette bien chaude. Le lendemain nous escaladons le Nut et découvrons une vue magnifique sur la mer bleu turquoise qui entoure le rocher.

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Nous reprenons la route le 16/11 pour Marrawah et sa plage à surfeurs aux splendides vagues. C'est ensuite que l'aventure se corse : la route, indiquée en jaune sur notre guide Lonely Planet, se révèle être une piste !

Nous la prenons, en espérant qu'elle va redevenir route au bout de quelques kilomètres. Nous devrons supporter la poussière, les cailloux et les trous pendant plus de 3 heures. Tout au bout, une rivière et un bac à 20 $ pour en traverser les vingt mètres !

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Le bourg de Zeehan où nous passerons la nuit est une ville morte sans voitures ni piétons...

Par contre, un resto-pub très accueillant nous réconfortera après nos heures de tape-cul. Comme dans beaucoup de restaurants de province, la commande se fait au comptoir. Si on ne le sait pas, on peut rester longtemps à table sans que rien ne se passe. A côté du comptoir sont les menus. Une fois choisis les plats et les boissons, on paye, toujours au comptoir et on embarque les boissons eainsi qu'un numéro qui va permettre au serveur de nous localiser pour nous apporter les plats.

Ceux-ci, steaks, jambons ou poissons, sont apportés sur des assiettes énormes, au milieu d'une tonne de légumes et noyés sous de la sauce. C'est reconstituant, rarement diététique, mais toujours extrêmement frais et souvent bon.

Le rituel australien, avant d'engloutir le plat, est de se préparer l'estomac avec du "garlic bread" ou pain beurré enduit d'ail. L'équivalent d'une demi baguette afin de se graisser les intestins et de se purifier l'haleine.

Nous prenons ensuite le cap vers le centre de l'île vers le parc du Lake st Clair. Il n'y a plus ni route ni piste vers le sud de toute manière.

Au fur et à mesure que la route s'élève les paysages deviennent magnifiques. A chaque instant des panneaux nous disent ce que l'on a le droit de faire ou de ne pas faire (vitesse, pauses toutes les deux heures, transports de fruits venant d'ailleurs, boisson au volant...).

Beaucoup d'entre eux nous signalent les animaux que nous allons bientôt pouvoir écraser sur la route. A chaque fois un petit dessin nous montre la bestiole en entier. Il suffira de faire ensuite quelques kilomètres après le panneau pour la voir sur le bas côté en plusieurs morceaux ou les tripes à l'air...

Tout comme les australiens, les animaux sont très respectueux de la signalisation : si il est indiqué un passage potentiel de kangourous, ce seront bien des kangourous que l'on verra écrasés. A cet endroit, les autruches ou les hérissons feront attention en traversant la chaussée afin de pouvoir aller se faire massacrer derrière le panneau qui leur est réservé !

Nous aurons souvent l'occasion d'être sur la route au crépuscule, moment où les animaux sont en pleine activité. Et c'est vrai que les kangourous sont très cons : ils attendent que la voiture arrive pour traverser ! En tant que touriste, on ne roule pas trop vite, mais les chauffeurs des camions ont autre chose à faire que de piller tout les cents mètres...

Ce grand jardin zoologique à plat parcouru, nous arrivons sur le parc. L'immense lac bordé de montagnes nous met l'eau aux chaussures de marche. Hélas, il est impossible d'y loger, toutes les cabines et les quelques chambres d'hôtel sont réservées depuis pas mal de lurettes.

Mais on ne la fait pas aux carresvoyagent. Nous enfourchons notre Hyundai et reprenons la route dans l'idée d'aller loger à quelques lieues et revenir le lendemain dès l'aube (à l'heure où blanchit la campagne).

Les quelques lieues se transforment en 50 km avant de trouver un sublime cottage en bois avec cheminée. Malheureusement il n'est libre que pour deux nuits. Nous sommes mardi, tout est réservé à partir du jeudi soir.

Nous avons donc toute la journée du lendemain pour faire les sentiers de rando de la zone Lake st Clair / Cradle Mountain.

C'est d'autant frustrant de ne pas avoir assez de temps, que le lendemain il pleut des torrents. Se balader sous les embruns d'une plage a son charme, gravir des sentiers de montagne sous la pluie sur des rochers transformés en patinoire ne nous tente vraiment pas !

Hobart

Nous descendons donc vers Hobart, capitale de la Tasmanie et ville suffisamment importante pour offrir des logements. C'est pourtant de justesse que nous y trouvons une sorte de motel très confortable mais très cher. Tout ce qui peut avoir un prix abordable ou être en plein coeur d'un centre d'intérêt est déjà pris ou réservé.

La ville elle-même se visite à pied et très rapidement : le phare historique, les maisons antiques, le port héritage et la rue piétonne...

L'ensemble n'est pas désagréable mais tout est trop net, sans aucune authenticité... et puis nous sommes venus en Tasmanie pour les paysages et marcher un peu, pas pour arpenter une ville.

Le lendemain nous descendons tout au sud de cette île pour nous rendre sur une autre ; Bruny Island. Nous sommes lundi, il ne devrait donc pas être difficile de trouver une cabine ? Et bien si ! L'île est minuscule et les deux seuls endroits qui, sur le Lonely Planet, offrent des logements, sont pleins... C'est par hasard que nous trouvons un adorable petit chalet avec un jardin et deux canards qui viennent réclamer leurs 10% des gâteaux ou du pain que nous mangeons.

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L'endroit est superbe et il est dommage que nous puissions y rester que 3 nuits, mais nous en profitons au mieux. De longues balades sur les falaises nous font voir des paysages magnifiques. La mer est vert pâle et les rochers noirs et rouges (!).

L'île possède encore les arbres plantés par le capitaine Blyth de la Bounty (pas la confiserie, le bateau des révoltés.)

Au cours de nos marches nous croisons un grand nombre d'animaux (vivants, car il est beaucoup plus difficile d'écraser un kangourou avec des chaussures qu'avec un camion).

Nous découvrons une race de kangourous albinos, blancs aux yeux rouges, des énormes perroquets noirs à crêtes jaunes assez impressionnants, d'innombrables porcs-épics qui se mettent en boule à notre approche, système de défense efficace vues leurs épines dorsales et aussi tout un tas d'oiseaux dont les couleurs couvrent l'ensemble du spectre.

C'est beau, mais c'est bien trop court. Nous quittons l'île un peu frustrés et nous dirigeons vers port Arthur et la péninsule de Tasman. L'endroit est encore une fois magnifique et encore une fois plein ou réservé !

Nous sommes mercredi, premier jour du week-end en Tasmanie. Nous sommes encore obligés de "passer le temps" dans des endroits moins intéressants, jusqu'au dimanche soir, où les chambres et les cabines se libèrent enfin. Il faut dire qu'avec la fin novembre, on arrive bientôt au début des vacances d'été dans cet hémisphère.

Nous remontons donc doucement la côte est avec l'espoir de repiquer traîtreusement vers le centre, dimanche soir et arracher un lit ou deux vers le Lake st Clair. Au bout de 440 km à tourner autour du lac, nous renonçons, l'hébergement le plus proche étant à 80 km de routes de montagne. Sans dire que cela nous gonfle, il en résulte pour nous un certain énervement préjudiciable à nos bons rapports avec l'île...

Nous remontons donc vers Stanley, son rocher et nouveauté, ses centaines de méduses échouées sur l'immense plage, ainsi que trois lions de mer et un kangourou morts. Les animaux n'ont vraiment aucune tenue en Australie !

Nous comptions nous réconforter à Stanley en regardant "Amélie Poulain" sur SBS, film dont la chaîne faisait la promotion depuis une dizaine de jours, mais, comme on aurait du s'y attendre, on a pas réussi à capter SBS !...

Par contre, le 2 décembre nous assisterons en direct à la télé aux cérémonies de recueillement au moment de la pendaison à Singapour, de Van n'Guyen, trafiquant de drogue de 22 ans... Malgré son origine et son non respect de la loi, c'est avant tout un australien maltraité par des étrangers, d'où la levée médiatique en Australie.

Le soir, nous remontons sur le "Spirit of Tasmania" en direction de Melbourne. Nous restons une semaine dans la région, essentiellement sur la côte où nous faisons de nombreux kilomètres sur les splendides plages. De retour à Melbourne, ville toujours aussi impraticable en voiture nous devons nous décider sur la suite du voyage.

La Nouvelle Zélande est la route logique, mais en période de vacances d'été et avec l'expérience que nous venons de vivre, il nous semble risqué de nous aventurer sans aucune réservation. Nous envisageons un moment de louer non pas une voiture, mais un camping-car. Les prix nous font également reculer.

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Avec beaucoup de regrets, mais aussi un peu de soulagement, nous choisissons alors de faire l'impasse sur la NZ et de mettre le cap sur le Mexique. Nous prenons nos billets dans une agence qui semble travailler avec Air Tahiti Nui, compagnie qui propose des tarifs corrects sur Los Angeles via Papeete. Tant qu'à faire de passer par Tahiti, autant s'y arrêter quelques jours.

Le 9 décembre au soir, après avoir rendu la voiture chargée de nos 10106 km, nous prenons une chambre en face de l'aéroport de Melbourne, notre avion pour Sydney étant à 6 heures du matin le 10 décembre. De Sydney nous repartirons à 10 h 30 pour arriver à Papeete le 9 décembre. Pour nous aider dans ce voyage dans le temps, nous aurons simplement franchi la ligne de changement de date passée longtemps avant nous, par Philleas Fogg, qui fit lui aussi un tour du monde vers l'est.

Nous n'avions, quant à nous, pas parié sur la durée car, à ce moment de notre voyage nous étions déjà à 536 jours depuis notre départ le 21 juin 2004 !