Australie

Alice Spring

Nous passons le tropique du Capricorne juste avant d'arriver à Alice Spring. Nous avons alors une occupation pendant au moins trois minutes ! Nous restons 5 nuits dans cette ville qui n'offre rien d'exceptionnel, où les magasins sont fermés à 17h et où la nuit, règne une certaine insécurité, mais qui offre une base de départ pour un certain nombre de sites intéressants.

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Et puis, après 1500 km de kangourous morts, quelques australiens vivants ne font pas de mal !

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Nous nous rendons tour à tour dans les East Mc Donnell puis dans les West Mc Donnell. Ces balades, qui rajoutent plusieurs centaines de km au compteur, nous permettent d'admirer de très beaux paysages. La terre australienne est globalement rouge. Couleur qui sous un ciel bleu et avec quelques herbes jaunes, se prête remarquablement aux images. Les Mc Donnell offrent un panorama de tout le centre australien avec des déserts, des formations rocheuses, des gorges et des sites aborigènes.

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Ces sites, protégés et mis en avant par des panneaux aussi explicatifs qu'élogieux pour l'histoire aborigène, présentent des peintures, des rochers gravés et même une splendide "carrière" d'ocres servant à la fabrication des pigments. Ils s'inscrivent dans le politiquement correct de l'Australie vis à vis de cette communauté qui n'est pas si bien traitée par ailleurs.

Cap au sud

En quittant A.S. nous sommes censés faire le détour vers Uluru et son fameux rocher rouge, symbole de l'Australie, mais les 600 km supplémentaires et le coup de bambou sur les prix des logements nous font renoncer. Nous sommes encore à plus de 1500 km d'Adelaïde. Nous quittons alors les territoires du nord (Northern Territory) pour le sud Australien (South Australia).

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Et nous descendons toujours ! La température aussi, ce qui n'est pas un mal.

La grosse ville suivante est le bourg de Cooper Pedy à 700 km d'Alice. Si la ville est peu captivante, on traverse, avant d'y parvenir, une multitude de mines à ciel ouvert, toutes signalées par des monticules de terres blanches et ocres plutôt jolis dans ce paysage plat...

Ce paysage, de désertique, redevient progressivement plus vert et plus agréable. Nous y voyons nos premiers kangourous vivants qui traversent la route à quelques dizaines de mètres. Quelques émus également.

Les Flinders Ranges

Nous arrivons enfin à Port Augusta, première vraie ville avant Adelaïde et embranchement pour une route qui remonte au nord vers les Flinders Ranges. Nous nous arrêtons à Quorn où nous passons quelques jours.

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Les Flinders Ranges sont une vallée verdoyante entourée de petites montagnes. Nous y faisons de longues promenades au milieu de splendides paysages et une multitude d'animaux. Des dizaines de kangourous, animaux adorables et très curieux qui nous observent bien plantés sur leurs pattes arrière et qui brusquement détalent dans une suite de bonds très drôles.

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Nous croisons également de nombreux Blue Tounge, sorte de gros lézards sans queue, d'une trentaine de centimètres, très trapus et qui tirent leur langue bleue pour nous faire peur. Pour être gentils avec eux, on fait semblant d'être terrorisés, mais pour de vrai, on n'a pas peur.

D'autres lézards, plus polis, dressent le cou pour nous voir passer. Tout ce petit monde se prélasse sur la piste ou sur le bord des routes et a ainsi de grandes chances de finir en cartes postales !

Nous voyons pas mal de serpents ainsi réduits à l'état de cordage sur la route. Nous avons aussi l'occasion d'en croiser lors de nos promenades ; noirs et mesurant entre un et deux mètres, ils seraient dangereux, mais on n'a pas vérifié !

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Dans le ciel et dans les arbres, de très nombreux oiseaux dont une majorité de perroquets. Des classiques galah, roses et gris, des blancs avec une crête jaune vif, en passant par une gamme de couleurs incroyables, des rouges, des bleus, des verts. Un véritable arc en ciel au-dessus de nos têtes !

Pendant l'une de nos balades, nous avons la chance de voir un goana, reptile d'un mètre cinquante qui se promenait au pied d'un arbre. Le bruit que nous avons fait en arrivant l'ayant effrayé, il est monté dans l'arbre le plus proche (c'est un reptile avec des pattes !). Sur le moment, sa taille nous a impressionnés et c'est en regardant les photos le soir que nous avons vu ses griffes ! Le gérant du camping où nous avions élu cabine nous a dit que nous avions eu beaucoup de chance de le voir et encore plus de chance qu'il ne ce soit pas plus intéressé à nous…

Le soir, nous dînons dans des pubs. Autour du bar on trouve soit du parquet soit de la moquette. Les gens qui boivent (beaucoup de bière !) ou qui jouent aux fléchettes ne fument pas, ne crachent pas et ne laissent pas les emballages de chips par terre. Beaucoup de gens qui discutent et plaisantent, mais sans bruit intempestif. L'atmosphère est plutôt sympathique.

Les australiens mangent très tôt. Un jour que nous avions changé de fuseau horaire sans nous en apercevoir, nous avons trouvé porte close devant tous les pubs du coin ! 19 heures, c'est déjà limite pour dîner, mais alors 20 heures c'est hors de question ...

Wilpena Pound

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Nous quittons Quorn pour continuer à remonter les Flinders Range vers le nord, en l'occurrence, pour Wilpena Pound, où nous reprenons les sentiers pour des balades superbes. L'une d'elle, vers les gorges sacrées (Sacred gorges), nous permet de faire 35 kilomètres de piste poussiéreuse à souhait, pour visiter un lieu sacré pour les aborigènes.

On y voit des cercles ou des bâtons gravés dans la pierre. Encore une fois, les australiens qui culpabilisent de leurs rapports passés (et actuels) avec les aborigènes, en font des tas en terme de respect du lieu.

D'un autre côté, on se demande si, en mettant ainsi en avant une production artistiquement aussi pauvre (quand on songe aux grottes de Lascaux par exemple), ils ne cherchent pas à présenter les aborigènes comme des débiles légers ?

Les australiens ont des rapports particuliers avec cette communauté, mais pas seulement :

Ils ont une peur bleue de tout ce qui vient de l'extérieur, qui est différent et qui pourrait être cause de maladie. Cela s'entend au sens propre comme au sens figuré. On rencontre donc très souvent le mot "quarantaine" partout, que ce soit à l'entrée du pays ou lors du passage entre deux états. Ils sont d'autre part très fiers de leur pays et affichent souvent l'origine australienne de leurs produits. Comme ce magasin qui dit que "97% des fruits et légumes sont australiens et qu'ils travaillent sur les 3% restants". Beaucoup d'entreprises, de commerces ou d´hôtels sont "fièrement détenus et gérés par des australiens". En France on retrouverait ces genres de profils dans les troupes du borgne.

Les aborigènes n'ayant ni le physique, ni la culture australienne politiquement correcte, il en découle une mise à l'écart. Mise à l'écart d'autant plus délicate, que les étrangers sont les blancs et non pas les aborigènes qui vivent ici depuis des milliers d'années.

Mais n'ayant pas d'histoire et désireux de s'en créer une (on a vu que les mots "historique", "héritage" ou "antique" font partie de pratiquement tout les panneaux), il est difficile de ne pas parler d'un peuple qui est là depuis prés de 40 000 ans.

D'où leur embarras… Ils sont différents, mais viennent d'ici et ils sont possesseurs d'un passé que les blancs voudraient bien récupérer après l'avoir nié…